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[imagine 51] septembre & octobre 2005


ARMEMENT

Les «Big Three» européens


Trois grands groupes dominent le marché de l’armement en Europe. Ils se classent dans le top 10 mondial du secteur. Présentations.



Né de la fusion, en 1999, de British Aerospace (BAe) et Marconi Electronic Systems (filiale défense de General Electric), BAE Systems couvre tous les secteurs, de la défense militaire (aérienne, terrienne, maritime et aérospatiale) au marché de l’aviation civile. Le groupe anglais est l’un des principaux fournisseurs d’avions de combat (Hawk et Eurofighter Typhoon), de radars, de missiles d’attaque, d’infrarouges, de munitions, de matériels d’artillerie, de détecteurs de composants chimiques et de systèmes de camouflage. Il détient par ailleurs 20% d’Airbus et emploie plus de 90.000 personnes. BAE Systems, qui fait partie du club très sélect des prime contractors (contractants de premier rang) de l’armée étasunienne, appartient à 45,5% à des investisseurs étrangers.
Jusqu’en jun 2004, selon une enquête du Guardian, le groupe britannique a versé secrètement, par l’entremise d’une société-écran basée dans les îles vierges britanniques (Caraïbes), plus de deux millions de dollars à l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet. BAE aurait trempé dans des actes de corruption, Pinochet ayant été accusé par les médias chiliens d’avoir reçu des pots-de-vin à la suite de ventes d’armes.



Fusion de Thomson-CSF, Dassault Electronique, Sextant, Crouzet, Racal, etc., ce groupe français, rebaptisé Thales en 2000, fabrique des équipements et des systèmes électroniques utilisés par tous les corps des armées modernes (terre, mer, air et espace). Le groupe est implanté dans plus de 30 pays et compte 60.000 employés. Il occupe la troisième place mondiale dans l’avionique (électronique du cockpit, communication, surveillance) et est le numéro deux mondial de la simulation et l’entraînement au vol. Spécialiste de la guerre «info-centrée», il a développé des systèmes de communication en réseau, de guidage de missiles, etc. Un des leaders mondiaux du positionnement par GPS (trafic routier et ferroviaire), il est associé au programme européen Galileo. L’Etat français contrôle encore 31,3% du groupe et les investisseurs institutionnels 38,6% (dont 21,6% français et 17% étrangers).
Thomson-CSF a défrayé la chronique, fin des années 90, suite à une affaire de corruption liée à la vente de frégates militaires, en 1991, par la France à Taiwan.




EADS (European Aeronautic Defence and Space company) est né en 2000 de la fusion de l’allemand Daimler Chrysler Aerospace AG, du français Aérospatiale Matra et de l’espagnol CASA. EADS, c’est d’abord Airbus, dont le groupe détient 80% des parts. C’est également Eurocopter (filiale à 100%) qui produit les hélicoptères de combat Tigre. EADS fabrique aussi des avions de transport militaire, des avions de chasse (l’Eurofighter) et est le deuxième fabricant mondial de missiles. Egalement impliqué dans le programme Ariane et le projet Galileo, EADS emploie 110.000 personnes sur plus de 70 sites de production. Tiré par Airbus et sa division Défense, il a enregistré un résultat opérationnel de 1,54 milliard d’euros pour les six premiers mois de l’année, soit une hausse de 57% par rapport au premier semestre 2004 (979 millions). L’Etat français (via SOGEADE) détient environ 15% d’EADS. Le tiers du capital du groupe appartient à des actionnaires anonymes.

David Leloup



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