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IDEES
Où va le
mouvement altermondialiste?

Faut-il
tirer à
boulets rouges sur les «alters», comme le font ceux qui
appellent les ONG de développement à s’éloigner du
mouvement pour raisons stratégiques? Car en fin de compte,
à qui profite le crime?
Récemment, un article publié dans la Revue Nouvelle
jetait un gros pavé dans la petite mare de l’altermondialisme
belge (1). Les auteurs,
Pierre Coopman et Andrés Patuelli, de
SOS Faim, invitaient ni plus ni moins les ONG belges de
développement, sinon à quitter le navire
altermondialiste, tout au moins à prendre leurs distances avec
lui.
Pour les auteurs, «l’idéologie
altermondialiste souffre
des limites dont elle accuse l’idéologie capitaliste: le
réductionnisme et les contradictions entre discours et
pratique». Ils estiment que ces limites «affaiblissent le
mouvement et le rendent périssable». Dès
lors, les
ONG de développement auraient tout intérêt à
envisager, dès aujourd’hui, leurs stratégies d’action
au-delà de la période altermondialiste. Quand le
mouvement s’essoufflera, les ONG qui auront pu garder leur expertise et
leur spécificité auront un avantage comparatif
considérable vis-à-vis du public – et donc des donateurs:
elles pourront se présenter comme parfaitement apolitiques.
Voilà la thèse de Coopman et Patuelli.
Ont-ils levé un tabou? Ou sont-ils à côté
de la plaque? Pour y voir plus clair, et dans un souci d’ouverture et
de débat, Imagine a
invité deux personnalités
représentatives de l’altermondialisme belge à
réagir à leurs principaux arguments. Deux
générations séparent François Houtart, 80
ans, prêtre catholique et intellectuel marxiste,
«père» de l’Autre Davos et du Forum social mondial
(FSM),
et Arnaud Zacharie, 31 ans, directeur du département Recherche
et Plaidoyer au Centre national de coopération au
développement (CNCD), ancien porte-parole d’Attac Belgique et
chroniqueur en ces colonnes. Leurs réactions sont l’occasion de
dresser un bref inventaire de la «galaxie alter» à
quelques semaines du grand rendez-vous de Hong Kong (6e
Conférence ministérielle de l’OMC) et du Forum social
«polycentrique», qui se tiendra simultanément
à Caracas (Venezuela), Bamako (Mali) et Karachi (Pakistan) en
janvier prochain.
- Les alters se croient-ils universels?
- Les alters ont-ils des œillères
anticapitalistes?
- Les alters sont-ils droits dans leurs bottes?
- Les alters sont-ils des romantiques aveugles?
- Les alters sont-ils des mégalos?
- Les alters sont-ils manipulés par le
Sud?
- Les alters sont-ils frappés
d'amnésie sélective?
(1)
«ONG de
développement
et altermondialistes:
alliés naturels?», La
Revue Nouvelle, avril 2005.
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