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EN COUVERTURE
La Wallonie imagine
son avenir
L’enfant, symbole de la
«classe créative»

Cinquante ans
après le début de «la grande
désindustrialisation», la Wallonie va-t-elle rebondir? Et
retrouver la capacité de se mobiliser sur «son
projet» de société? Où en sont les Wallons
dans leur lente mue vers «une économie du savoir et de la
connaissance»?
Avec la conviction que la culture –le projet de société
commun à tout un peuple– constitue le principal pilier de toute
stratégie de développement économique aujourd’hui,
nous avons voulu éclairer quelques secteurs émergents
et/ou prometteurs caractéristiques de
«la création» en Wallonie. En interrogeant aussi des
«partenaires sociaux» du secteur, des politiques et
quelques francs-tireurs.
Au cours de ces 30 dernières années, 565.000 emplois ont
disparu dans l’industrie en Belgique, tandis que le secteur des
services en créait 1,15 million. Une mutation
particulièrement spectaculaire! Dans l’économie
créative dans laquelle nous sommes entrés, l’avenir de
l’emploi et du bien-être social dépendront de plus en plus
de la capacité d’imaginer, de créer et d’innover.
Wallywood
Selon une enquête sur les forces du travail dans l’Europe des 25,
les professions de la culture représentaient 2,5% de l’emploi
total en Europe en 2002 (1). Avec
2,3%, la Belgique se situait légèrement en dessous de la
moyenne. Et que sait-on de ces 89.000 travailleurs belges de la
culture? Que 51% d’entre eux étaient universitaires (contre 35%
pour les autres secteurs), que 17% étaient temporaires (contre
8% pour les autres secteurs) et que 29% avaient un statut de non
salarié (contre 15% pour les autres secteurs).
Le profil de l’artiste a beaucoup évolué dans la
société. Aujourd’hui on n’oppose plus «l’idéalisme sacrificiel de
l’artiste et le matérialisme calculateur du travail, ou encore
la figure du créateur original, provocateur et insoumis, et
celle du bourgeois soucieux de la stabilité des normes et des
arrangements sociaux», explique le sociologue
Pierre-Michel Menger, auteur d’un livre intitulé Portrait de l’artiste en travailleur
(2).
Sur le plan économique, des gens comme Geluck ou Kroll, pour
prendre deux «dessinateurs de petits Mickeys», sont de
vraies PME florissantes à eux tout seuls. Dragone, lui, emploie
70 personnes dans ses ateliers de La Louvière pour produire ses
spectacles à Las Vegas. Et Les films du fleuve, la SPRL de
production des frères Dardenne, a fait travailler
l’équivalent de 30 personnes à temps plein au cours de
l’année 2004.
Boostées par la reconnaissance internationale (pour la grande
qualité de ses reportages sociaux d’abord, pour ses fictions
ensuite) et bien sûr par les aides financières (de la
Communauté française, de Wallimage et du tax shelter),
les sociétés de production de cinéma se
multiplient à toute vitesse en Wallonie. Et donnent, à
Liège notamment, des petits airs de «Wallywood»...
Avec les interviews de:
- Luc de
Brabandère, penseur de la créativité et du
changement
- Henri Mestdagh,
président de l’Union wallonne des entreprises
- Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de
l'Economie
- Paul-Emile Mottard, député
permanent liégeois (culture)
- Olivier Bronckart,
producteur des Dardenne
- Pierre Burnotte, Smart
- Jean-Claude Vandermeeren, FGTB
- Jean-Louis Sbille, dramaturge,
comédien, scénariste
- Freddy Joris, Institut du patrimoine
wallon
- Jean-Yves Laffineur, Esperanzah!
- Fabrice Lamproye, Soundstation
- Carlo di Antonio, Dour festival
(1) Eurostat,
enquête publiée le 26 mai 2004.
(2) La République des idées,
Seuil, 2002.
Dossier réalisé avec le soutien
de
la Région wallonne, à l’occasion de son 25e anniversaire.
Lisez la suite de ce dossier (12 pages) dans le magazine
papier que vous
pouvez commander par courriel
(nous vous
l’enverrons par la poste) ou acheter
au format PDF.
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