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SCIENCES
Méditer
modifierait le cerveau...

«Méditez, méditez, il
en restera toujours quelque chose!»
Telle pourrait être la maxime commune du Dalaï-lama et des
meilleurs spécialistes du cerveau. Car cultiver la «zen
attitude» semble bien modifier durablement la structure et le
fonctionnement de notre précieux organe...
Lentement, mais sûrement, les résultats scientifiques
s’accumulent. La première étude expérimentale
vraiment sérieuse à scruter la nature des états
méditatifs a été publiée à l’automne
2004 dans les prestigieux Proceedings
of the National Academy of
Science (PNAS) (1).
Téléchargé plus de 150.000 fois, l’article
signé par l’équipe de Richie Davidson de
l’université du Wisconsin, à Madison, figure un an plus
tard à la cinquième place du panthéon des articles
les plus lus sur le site Internet de la revue.
«Jusque-là,
les scientifiques qui s’intéressaient à ces questions
étaient un peu marginaux et leurs études souvent bancales
sur le plan méthodologique», explique Matthieu
Ricard, docteur en biologie moléculaire, moine bouddhiste depuis
1978 et cosignataire de l’article. De plus, le type de
méditation étudiée dégageait un fort parfum
«New Age» pas très en odeur de sainteté
auprès des éminences tant scientifiques que bouddhistes.
«Aujourd’hui le vent a
tourné, poursuit Matthieu Ricard.
Les meilleurs spécialistes des neurosciences travaillent avec
les meilleurs méditants – des lamas tibétains qui ont
entre 10.000 et 50.000 heures de méditation derrière eux
–, en utilisant des outils d’investigation à la pointe de la
technologie»...
(1) «Long-term
meditators self-induce high-amplitude gamma synchrony during mental
practice».
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