EN COUVERTURE

Ils
sont parmi nous. Ils viennent d’une autre planète
économique. Ils bousculent
notre rapport au travail et à nous-mêmes.
«Ils», ce sont les nouveaux
entrepreneurs de l’économie sociale. Entre les secteurs public
et privé
classiques, ils répondent à de nouveaux besoins qui
émergent de la société. Imagine
les a rencontrés. Deux hommes,
deux femmes, ainsi qu’un pionnier et un expert.
Quel
est le point commun entre les Pharmacies Populaires, le bancassureur
Ethias et
le miel Maya? Réponse: ce sont trois acteurs de
l’économie sociale
en Belgique, un secteur en expansion mais qui souffre paradoxalement
d’un
déficit d’image. Et pourtant! L’économie sociale,
c’est 375 000 emplois
– soit plus de 10% de l’emploi salarié – et
environ 5% de
notre PIB (1).
Concrètement, il s’agit d’entreprises dont
l’objectif
premier n’est pas le profit. Elles ont été avant tout
créées pour répondre à
des besoins sociaux peu ou pas satisfaits par les entreprises
capitalistes ou
par l’Etat. C’est pour cette raison qu’on les regroupe souvent sous
l’étiquette
de «tiers secteur». Celui-ci n’est cependant
pas séparé des deux
autres par des frontières nettes et étanches. Mais sa
dynamique propre, qui
repose sur l’autonomie de gestion, la participation des travailleurs et
la
primauté de ceux-ci sur le capital, est suffisamment originale
pour ne pas être
confondue avec les logiques du public ou du privé. Cette
dynamique prend d’ailleurs
des formes juridiques particulières: coopérative,
mutuelle ou
association. C’est le cas, respectivement, des Pharmacies Populaires,
d’Ethias
et de la structure qui commercialise le miel Maya. En Belgique, plus de
90% de l’économie sociale sont représentés
par les associations (2). (...)
Et aussi:
Reine
Marcelis, Centre coordonné de l’enfance (Châtelet)
Reine du décalage horaire
Bernard
Goffinet, CF2M (Bruxelles)
Des souris et des hommes
Anne Coppieters, Citizen Dream
(Bruxelles)
Le rêve d’Anne
Claude Berg, La Lorraine (Arlon)
Le handicap, moteur
économique
Alain Hubert
Le
pionnier
Jacques Defourny, professeur
d’économie (ULg)
«Des emplois
non délocalisables»
(1)
14 % de l’emploi et
8 % du PIB si l’on prend en
compte les salariés de l’enseignement libre, rassemblés
sous la forme d’ASBL.
(2)
ASBL,
mais aussi associations de fait, AISBL (ASBL internationales) et
fondations
d’utilité publique.

Cet article est publié sous licence
Creative Commons.
|