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Et si respecter la planète, c’était devenir adultes ?

Les dégâts faits à la Terre en raison d’une consommation effrénée sont une occasion de prendre conscience de notre refus infantile de la frustration. Et si respecter la planète se trouvait dans la capacité humaine à développer une morale oblative ? Ce qui s’appelle « devenir adultes ».

Le réchauffement de la planète est, comme son nom l’indique, un problème planétaire. Pour le résoudre, un difficile changement de mentalité s’impose, auquel se présentent de sérieux obstacles. Dont, entre autres, ceux qui se posent au niveau inconscient et que la psychanalyse permet d’éclairer.

Il s’agit, selon moi, de la persistance généralisée de reliquats du stade captatif : l’individu, s’il ne se sent plus le centre du monde comme un bébé, n’en ramène pas moins tout à lui, à ses besoins immédiats, sans tenir compte des intérêts globaux auxquels il ne cède que suite à une épreuve de force.

Tenir compte de l’autre

Dans son évolution affective, le petit d’homme commence effectivement par être le centre du monde, d’un monde entièrement mis à son service, d’un monde qu’il s’accapare, possède, surtout par l’intermédiaire de sa mère qui, après l’avoir porté, lui donne tout ce dont il a besoin. Dévouée à sa protection, elle cherche à lui épargner toute souffrance, toute difficulté, et c’est bien ainsi.

Cependant, cette position centrale, l’enfant va devoir la quitter petit à petit, car devenir adulte, trouver sa place dans la société (et cela peut inclure pour certains de trouver cette société insupportable), donner un sens à sa vie, c’est tenir compte de l’autre, c’est renoncer à être le centre du monde, à se l’approprier pour soi tout seul, c’est accepter une certaine frustration. C’est l’acceptation de telles frustrations qui non seulement permet la vie collective, mais en est le fondement même.

Le fameux complexe d’Œdipe qui a fait couler tellement d’encre n’est pas autre chose : renoncer à être le seul, se soumettre à l’existence de l’autre, entrer en compétition avec lui, l’accepter. C’est cette acceptation qui permet d’aller jusqu’à l’amour d’autrui, jusqu’à faire, comme idéal du moi, le don de soi, l’oblation, à trouver son bonheur dans le bonheur de l’autre, même si ce bonheur implique une frustration personnelle.

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Lire également l’article suivant ECOLOGIE & PSY (2)

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