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Social business

Ils sont parmi nous. Ils viennent d’une autre planète économique. Ils bousculent notre rapport au travail et à nous-mêmes. « Ils », ce sont les nouveaux entrepreneurs de l’économie sociale. Entre les secteurs public et privé classiques, ils répondent à de nouveaux besoins qui émergent de la société. Imagine les a rencontrés. Deux hommes, deux femmes, ainsi qu’un pionnier et un expert.

Face au capitalisme néolibéral de l’« Empire », l’économie sociale contre-attaque

Quel est le point commun entre les Pharmacies Populaires, le bancassureur Ethias et le miel Maya ? Réponse : ce sont trois acteurs de l’économie sociale en Belgique, un secteur en expansion mais qui souffre paradoxalement d’un déficit d’image. Et pourtant ! L’économie sociale, c’est 375.000 emplois – soit plus de 10% de l’emploi salarié – et environ 5% de notre PIB [1]. Concrètement, il s’agit d’entreprises dont l’objectif premier n’est pas le profit. Elles ont été avant tout créées pour répondre à des besoins sociaux peu ou pas satisfaits par les entreprises capitalistes ou par l’Etat. D’où l’étiquette de « tiers secteur » qu’on leur accole souvent. Celui-ci n’est cependant pas séparé des deux autres par des frontières nettes et étanches. Mais sa dynamique propre, qui repose sur l’autonomie de gestion, la participation des travailleurs et la primauté de ceux-ci sur le capital, est suffisamment originale pour ne pas être confondue avec les logiques du public ou du privé (voir encadré et tableau page 8). Cette dynamique prend d’ailleurs des formes juridiques spécifiques : coopérative, mutuelle ou association  [2]. C’est le cas, respectivement, des Pharmacies Populaires, d’Ethias et de la structure commercialisant le miel Maya. En Belgique, plus de 90% de l’économie sociale sont représentés par les associations.

Pluralisme idéologique

Historiquement, l’économie sociale européenne est la fille de l’associationnisme ouvrier et paysan du 19e siècle. En réaction aux excès du capitalisme sauvage, le petit peuple s’est mobilisé pour relever les défis de l’époque. Autrement dit : survivre. Coopératives, mutuelles et associations de tous bords se sont alors mis à fleurir pour permettre au plus grand nombre de manger, se soigner, avoir accès au crédit, etc. « En Europe, l’économie sociale moderne s’est forgée au carrefour des grandes idéologies du 19e siècle, et donc aucune d’entre elles ne peut en revendiquer la paternité exclusive », rappelle Jacques Defourny, directeur du Centre d’économie sociale de l’université de Liège (lire interview pages 12 et 13). Gare donc aux amalgames et à la récupération politique. Si le mouvement socialiste a joué un rôle majeur à ses débuts, les chrétiens sociaux ont également embrayé, de même que les libéraux progressistes de l’époque. Certains patrons contribuèrent à des caisses mutuelles pour des raisons éthiques… mais aussi pour améliorer la santé – et donc la productivité ! – de leurs travailleurs…

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[114 % de l’emploi et 8 % du PIB si l’on prend en compte les salariés de l’enseignement libre, rassemblés sous forme d’ASBL.

[2Un quatrième statut, propre à la Belgique, est celui de société à finalité sociale (SFS). Précisons aussi que le statut d’association englobe les ASBL, les associations de fait, les AISBL (ASBL internationales) et les fondations d’utilité publique.

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