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Transition towns

Quand la ville se sèvre de pétrole

Sans attendre des réorientations politiques et économiques qui tardent à s’opérer, des citoyens ont décidé de prendre leur avenir en main et d’œuvrer, au niveau local, à la construction de la société de « l’après-pétrole ».

Tout a commencé en 2006, à Totnes, ville de 7.700 âmes située dans le Devon, à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre. Quelques habitants se sont regroupés autour de Rob Hopkins pour mettre en œuvre le concept de « transition town » (« ville en transition ») développé par cet enseignant en permaculture [1].
Pour Hopkins, il appartient à chaque communauté, à chaque entité locale, de construire la résilience [2] qui lui permettra d’encaisser les bouleversements sociétaux générés par le pic pétrolier [3] et la crise climatique. Il s’agit de préparer dès aujourd’hui un futur moins gourmand en énergie en élaborant des systèmes de production, de consommation et de vie en commun conciliables avec les contraintes écologiques, économiques et sociales qui s’annoncent.
La ville en transition s’articule autour d’une vision alternative positive qui sert de fil rouge à l’élaboration d’un Plan d’action de descente énergétique (Pade). La mise en œuvre de ce plan répond à trois mots d’ordre : autonomie (alimentaire, énergétique), relocalisation (de la production, des emplois) et solidarité. Ses promoteurs savent que c’est une démarche de longue haleine ; les objectifs portent sur le long terme, car on ne peut espérer changer en quelques années l’ensemble des paramètres constitutifs d’une société. La notion de transition traduit ce travail sur la durée : on est en marche vers un autre modèle, le changement est en cours mais loin d’être achevé.

(...)

[1La permaculture est un concept complexe que ses fondateurs, Bill Mollison et David Holmgren, présentent comme suit : « Ethique visant à prendre soin de la Terre et des humains, à limiter la consommation et à redistribuer l’excédent. (…) La permaculture est l’agencement et la maintenance de manière consciente d’écosystèmes productifs d’un point de vue agricole et ayant l’endurance, la diversité et la stabilité des écosystèmes naturels. »

[2La résilience est la capacité d’une communauté (ou d’un individu) à absorber un choc, à résister aux perturbations provoquées par son environnement extérieur.

[3Voir www.aspo.be.

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