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Le rapport Cash !

Mais comment font-ils pour vendre des vêtements si bon marché ?

La fringue de supermarché, c’est pas branché, mais c’est pas cher non plus. Curieusement pas cher du tout. Comment font-ils ?
Cash ! , une enquête de la campagne Vêtements propres, s’est penchée sur le travail des ateliers du bout du monde qui confectionnent les nippes à bon prix que portent les Occidentaux. Ses observations sont édifiantes. C’est Germinal – digne !– sous les tropiques !

A l’origine, il y eut ce mot du gourou du marketing, Richard Perks : « Le moteur de la vente au détail de denrées alimentaires est (…) le non-alimentaire. » Et ce fut la ruée des grandes enseignes sur les vêtements. Leur but : attirer le chaland par quelques produits d’appel et le voir repartir avec un caddie plein. Bilan, aujourd’hui le géant français Carrefour est le quatrième distributeur européen d’habillement et Aldi, le hard-discounter, vend des vêtements à un Allemand sur deux. Au total, en 2005, les supermarchés ont écoulé pour 54 milliards d’euros de chaussures et de vêtements, soit 6% du marché mondial.
La grande distribution pèse d’un poids considérable sur la filière de la confection, au point qu’elle lui impose ses règles. Et la première d’entre elles, c’est d’écraser les prix. Par tous les moyens. D’autant qu’il est facile d’imposer sa loi à des usines lointaines qui tournent dans un environnement peu regardant sur la législation sociale. Au Nord, les enseignes jurent qu’elles imposent un code de conduite à leurs fournisseurs, qui les contraint à payer et traiter correctement leur personnel. Au Sud en revanche, les ateliers abritent des jeunes gens affamés, terrorisés, qui triment jusqu’à épuisement pour suivre les cadences imposées par leurs employeurs.
Comment arrêter cette nouvelle forme d’esclavage ? En mettant les enseignes face à leurs responsabilités. Ce qui revient à démontrer leur impact sur le fonctionnement des filières qui les approvisionnent. Or l’architecture de ces filières représente un véritable écheveau de relations commerciales. En gros, un nombre restreint d’enseignes passent des commandes à une nuée d’usines dispersées dans le monde, qui elles-mêmes travaillent pour une noria de clients. Afin de clarifier son enquête, la campagne s’est focalisée sur cinq poids lourds de la grande distribution : l’américain Wal-Mart, première entreprise de distribution du monde par son chiffre d’affaires, le géant britannique Tesco, le français Carrefour et les deux discounters allemands, Aldi et Lidl. Elle a ensuite mobilisé des enquêteurs dans quatre pays asiatiques très présents dans la confection, le Bangladesh et l’Inde, qui ont fait de la couture leur première source de devises, le Sri Lanka et la Thaïlande, deux autres tigres du secteur. Ses conclusions sur la responsabilité des enseignes sont sans appel. Chaque partenaire étant identifié, la campagne a pu mettre à nu leurs filières et leurs méthodes.

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