Les océans se vident. La raison ? La surpêche.
La solution ? Limiter les prises. Mais comme chacun va jeter ses filets dans les eaux du voisin, la recherche du moindre accord tourne à la foire d’empoigne. Enquête en eaux troubles.
« La mer est un lieu d’opacité qui ne laisse
pas voir le poisson qui nage et encore
moins celui qui est pêché », explique
Béatrice Gorez. Coordinatrice de la Coalition
pour des accords de pêche équitables,
elle cultive sa propre vision du
grand bleu. Son inquiétude : les mers et océans se vident. Et pour
cause, la consommation de poisson a explosé de plus de 50% en
20 ans. « Or la mer est incapable de satisfaire cette demande. »
Selon la FAO, près d’un tiers des stocks mondiaux de poissons sont
surexploités, dont ceux de l’Atlantique nord-ouest, qui borde les
côtes européennes, la zone la plus productive de la planète. Des espèces
aussi communes que l’anchois, le lieu de l’Alaska, le merlan
bleu, le hareng de l’Atlantique et le chinchard du Chili sont arrivées
au maximum de leurs prélèvements. Il faut permettre à la mer de
souffler. Comment ? En limitant la pêche. Partout, et en même
temps. Et c’est possible, car la plupart des poissons vivent non loin
des côtes, dans des espaces soumis à la souveraineté des Etats riverains.
Régénérer les stocks revient à pousser les gouvernements
à contrôler strictement leur territoire maritime.
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