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Ecoute la musique, elle te dira comment le monde tourne...

Ce n’est pas le retour du protest song qui avait agité les années 70, mais l’action militante retrouve sa place dans les événements culturels. Cet été le festival Esperanzah ! a dansé au rythme du travail décent porté par ONG et syndicats, tandis que les militants CNE tenaient boutique à Dour. A la rentrée, Tempo Color déclinera ses accents altermondialistes à Liège. La fête peut aussi dire comment tourne le monde.

« Musique et mobilisation font bon ménage depuis longtemps, constate Adélie Miguel Sierra, formatrice en éducation au développement à Iteco. Dans les années 80, on a connu les grands concerts pour des causes précises : la famine au Soudan ou la situation de l’Ethiopie. Puis les ONG ont investi l’espace public avec des people, Lady Di ou le top model Adriana Karembeu. Aujourd’hui, les ONG utilisent la culture pour faire découvrir de nouveaux acteurs venus du Sud, surtout d’Afrique. »
Autre nouveauté, ces mobilisations délaissent les problématiques ponctuelles pour s’élargir à des enjeux plus larges liés à la mondialisation. « Si l’on veut parler de la métallurgie wallonne, poursuit la formatrice, on pense à Lakshmi Mittal, ce qui nous projette en Inde ou à Londres. Il faut désormais penser global. Réfléchir ici et ailleurs en même temps. »
A la marge de certains événements musicaux, sont désormais abordées les vastes questions de l’eau, de la dette du Sud, des politiques agricoles, du commerce international… sans pour autant casser l’esprit de la fête. « Les ONG n’annoncent pas qu’il y a un milliard d’affamés. Elles parlent de l’injustice. Il y a assez de nourriture pour tout le monde, il faut seulement mieux partager les richesses. Avant de dénoncer des problèmes, elles avancent des solutions, encouragent la démocratie locale avec l’expérience du budget participatif de Porto Alegre, au Brésil. Elles développent le dialogue direct dans le cadre d’échanges de savoirs, de groupes d’achats qui encouragent les producteurs bio. »
Les ONG cherchent à susciter l’empathie du public, à l’ouvrir à une problématique lointaine dans laquelle il pourra se reconnaître, développer des arguments, répondre aux questions. « L’empathie est difficile à obtenir dans des festivals, modère Adélie Miguel Sierra, car le public est stimulé par beaucoup de choses en même temps. C’est pourquoi les animateurs mettent leurs propos en scène, montent des ateliers d’immersion pour plonger d’emblée le public au coeur de leur discours et l’amener à prendre conscience de certaines réalités. »

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