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Notre système pénitentiaire est devenu fou !

10.000 détenus pour 8.500 places. Les prisons sont surpeuplées : « Construisons-en de nouvelles ! », s’exclame le ministre de la Justice. Aussitôt construites, aussitôt pleines ! N’entendrons-nous pas, dans quelques années, un autre ministre de la Justice nous dire : « Construisons-en de nouvelles »  ?

« A l’occasion d’une évasion très rare mais spectaculaire par hélicoptère, raconte Philippe Mary, directeur du Centre de recherches criminologiques de l’ULB, on décide de placer des filets – très coûteux – au-dessus des cours de prisons belges. Les responsables d’établissements sont convoqués, et quelques- uns émettent des réserves. En avons-nous vraiment besoin, ne faudrait-il pas y réfléchir ? Non, leur répond-on, nous ne sommes pas là pour décider si nous allons placer des filets, mais quel filet nous allons placer… » Cette anecdote est un symbole. Celui de l’absence de réflexion à long terme, de l’abandon de tout questionnement de fond concernant la prison et l’enfermement dans notre pays. Ne fonctionnant plus que par à-coups et par des mesures d’urgence, notre système pénitentiaire est devenu fou.

Trop peu de prisons, ou trop de prisonniers ?

Premier constat, notre société met derrière les barreaux de plus en plus de monde. Si, en 1992, il y avait 71 détenus pour 100.000 habitants, ce taux de détention est aujourd’hui passé à 94. Nous sommes heureusement encore loin des chiffres délirants des Etats-Unis – 760 détenus pour 100.000 habitants –, mais la tendance est là : le nombre de prisonniers est en augmentation constante (de 83% depuis 1980). La délinquance se serait-elle donc intensifiée ? « Non, c’est clair, commente Manuel Lambert, conseiller juridique et coordinateur de la Commission prisons de la Ligue des droits de l’Homme, membre de la section belge de l’Observatoire international des prisons, délinquance et détention ne suivent pas les mêmes courbes. Et si la criminalité n’a pas progressé globalement ces trente dernières années, selon les chiffres de l’Institut national de criminalistique et de criminologie [1], les peines, elles, ont par contre explosé. » La surpopulation s’explique ainsi à la fois par l’augmentation du nombre des détenus et par l’allongement des peines : on entre plus souvent en prison et on y reste plus longtemps.

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[1Ou l’INCC, qui est un établissement fédéral scientifique. www.incc.fgov.be

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