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Voyage au cœur de la Transition - dossier

Comment passer de la dépendance au pétrole (ce qui est le cas de nos sociétés aujourd’hui) à la résilience locale (c’est-à-dire à la capacité de résister au choc et de rebondir) ? C’est le projet créatif et enthousiasmant des « villes en transition ». Né à Totnes, dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre, ce nouveau mouvement social a déjà gagné plus de 300 villes et villages à travers le monde, et cela en quatre ans à peine.

Chouette, le baril de pétrole commence à sonner creux !

Pour approcher ce phénomène, nous avons passé une semaine sur place. Nous y avons rencontré une région au caractère particulier, des expériences multiples en train d’éclore… mais surtout un esprit, tourné positivement vers l’avenir. Nous avons aussi longuement interviewé Rob Hopkins, l’inspirateur du mouvement. Imagine était également présent au Festival francophone européen de permaculture, organisé l’été dernier à Nethen, en Brabant wallon, où plus d’un millier de participants ont exploré quelques voies de la transition. Et l’un de nos collaborateurs, agronome de formation, a longuement séjourné à Cuba, où il a pu approcher de près « la transition grandeur nature », suite à la réduction drastique des approvisionnements pétroliers de l’île.

Comment réinventer nos vies ?
Un exemple : la marche en avant de Totnes (Angleterre)

Comment dépasser le choc pétrolier, la crise climatique et la lobotomisante mondialisation ? En sortant de cette triple contrainte par le haut. En créant, à l’échelle locale, un fil narratif nouveau, enthousiasmant, qui engendre une dynamique positive de changement, susceptible de nous aider à réinventer nos vies. Telle est la voie originale proposée par le mouvement des villes en transition.
Reportage à Totnes, la petite ville anglaise qui a inventé cette nouvelle démarche sociale.

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Rob Hopkins, l’âme de la Transition
Entretien

Penser le développement local à la manière d’entreprises coopératives, éthiques, respectueuses des populations et de l’environnement : voilà l’objectif, à terme, des villes en transition.
Rencontre avec Rob Hopkins, l’âme du mouvement. Une sympathique invitation à plonger dans la transition !

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Plus de 600 groupes créés en quatre ans
Comment fonctionne le réseau mondial de la Transition ?

« Bottom up », comme on dit en anglais, soit « du bas vers le haut ». Six cents initiatives locales sont nées en quatre ans à peine ! De quoi faire pâlir le réseau de McDo ! Rencontre avec Ben Brangwyn, l’homme qui a inventé Transition network, le réseau mondial de la transition.


L’une des caractéristiques majeures du concept de transition est l’existence d’un réseau international qui contribue, jour après jour, à lancer les initiatives locales. Ben Brangwyn est à la tête de Transition network, le réseau international qui coordonne les initiatives de transition à travers le monde. Il raconte ainsi la naissance de ce réseau : « Quand Rob Hopkins a sorti son projet de ville en transition en proposant d’y intégrer la population, j’ai trouvé cela vraiment très intéressant. Mais il m’a vite donné l’impression d’être un homme assis sur un tsunami. Alors il m’est apparu évident qu’il fallait mettre en place un réseau international, à la fois pour partager le concept… et pour protéger Rob. J’ai donc lancé le réseau avec mes propres économies, il y a quatre ans, convaincu qu’on allait nous aider financièrement. »

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« Dessine-moi un écosystème humain »
La permaculture

Souvent considérée comme une méthode de jardinage sur butte ou de couverture du sol, la permaculture reste largement incomprise. Pensée systémique, principe éthique, forme de design... il faut dire qu’il n’est pas facile de la définir ! Pourtant le succès de ce concept aux multiples visages ne se dément pas. Qu’est-ce que la permaculture ? Quel rôle peut-elle jouer dans le grand chantier de la transition vers un monde plus résiliant ? Enquête sur la complexité d’une notion essentielle.

Nethen, Brabant wallon, été 2010. « La permaculture ? C’est géniaaaaaal ! Vraiment  ! Quand vous comprendrez, vous allez tomber assis, tellement c’est géniaaaaal… mais c’est compliqué ! », s’étouffe Chloé, la clown surexcitée imitant un enseignant en permaculture devant le public hilare. Autour du chapiteau aux rayures jaunes et bleues, le deuxième Festival francophone de permaculture bat son plein.
Éparpillés sur une grande prairie du Brabant wallon, plusieurs centaines de festivaliers butinent à droite à gauche parmi les dizaines de tentes vertes. Au loin, un groupe est parti faire une balade à la découverte des plantes sauvages comestibles. Un autre groupe suit la visite du grand potager en permaculture de l’association Graines de vie, qui accueille le festival. Au milieu du terrain trône le joli bar tout tordu construit trois jours avant par les organisateurs avec des matériaux de récup’. Toute la nourriture du festival (entre 600 et 1 000 repas, trois fois par jour) provient de producteurs locaux et du potager de Graines de vie. Pour couronner le tout, même l’eau des douches est chauffée par un tuyau qui passe dans le tas de compost !

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Cuba, la Transition grandeur nature

A quoi ressemblerait une transition à l’échelle d’un pays tout entier ? On entend souvent dire que Cuba est le seul pays industrialisé à avoir effectué sa transition vers le monde de l’après-pétrole. Isolée du reste du monde depuis près de vingt ans, l’île a su mettre en place – dans l’urgence – une économie relocalisée et une agriculture plus saine. Mais la transition brutale a fait souffrir les Cubains, et aujourd’hui le pays traverse une grave crise. L’exemple de cette transition (trop) brutale nous enseigne… qu’il est temps de préparer dès maintenant notre propre reflux pétrolier.

Les Cubains appellent cette époque « el período especial » (la période spéciale), un doux euphémisme pour dire que, dans les années 90, Cuba a souffert d’une « famine énergétique  » et les Cubains… de famine tout court.
Toute cette histoire de transition a commencé après l’effondrement du bloc soviétique. Privée de son principal allié stratégique et commercial, l’île se voyait au même moment imposer un durcissement de l’embargo par les Etats-Unis. Du jour au lendemain les Cubains se sont retrouvés seuls sur leur île, presque coupés du monde !

Pas de chance, ils avaient l’agriculture la plus industrialisée de toute l’Amérique latine (autant que les Etats-Unis), c’est-à-dire essentiellement tournée vers la monoculture d’exportation, l’utilisation d’engrais et de pesticides, et massivement mécanisée. Une chute drastique des échanges commerciaux (environ 80 %) et de l’approvisionnement en pétrole sonnait donc l’heure d’une révolution d’un genre nouveau… Il allait falloir produire rapidement de la nourriture sans pesticides, sans engrais, sans tracteurs, sans pièces mécaniques de rechange, sans transports et souvent sans électricité, c’est-à-dire sans frigo ni congélateurs. En bref, une transition brutale vers l’après pétrole  !

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