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Comment déloger le libéralisme de nos esprits - dossier

Capitalisme, libéralisme, néolibéralisme… Ils se sont aujourd’hui répandus partout. A travers le monde, dans nos vies, le principe du « toujours plus » – d’argent, de biens, de puissance, de possessions, de réussite… ou d’amis sur Facebook – s’est généralisé. Ces théories économiques, devenues culture dominante, se sont imposées comme des évidences incontournables, alors même qu’elles produisent toujours plus de souffrances, d’inégalités, d’isolement. Imagine a voulu mettre en évidence, dans des domaines comme le travail, l’école, le social, la culture ou les biens communs, les effets de cette logique destructrice. Pour en connaître et en dénoncer les défauts. Et, au-delà, pour souligner le rôle des réfractaires qui, heureusement, de l’intérieur, se mobilisent pour un autre monde.

« There is no alternative », disait Margaret Thatcher, chantre du néolibéralisme. A force de se l’entendre dire, nombreux sont ceux qui ont fini par le croire. Compétition, « plus égale mieux », concurrence, autonomie, individualisme, rapidité, efficacité, consommation, croissance, hausse du pouvoir d’achat… Tous ces mots, toutes ces « valeurs » ou ces injonctions font partie de notre quotidien. Elles se présentent souvent comme allant de soi, comme étant « naturelles » ou presque.
Derrière ces mots se trouvent pourtant des choix de société que nous (Occidentaux d’abord) avons faits hier et faisons aujourd’hui. Mais d’autres choix sont possibles, à la condition expresse de prendre conscience de ce qui se passe sous nos yeux, de nous réveiller et d’analyser les enjeux que recèlent ces notions et leur mise en œuvre dans notre vie.
L’une des grandes forces du système marchand est de se poser en loi universelle – et de nous faire oublier qu’il n’est qu’une doctrine parmi d’autres. « Nous avons l’impression que la logique de l’intérêt individuel et du calcul utilitariste sont dans l’ordre des choses, explique le sociologue de l’ULg Marc Jacquemain, alors que des tas d’autres sociétés fonctionnent autrement. » [1]
L’anthropologue Marcel Mauss ou le sociologue Jacques T. Godbout [2] ont ainsi largement démontré que le don était bien autre chose qu’un comportement intéressé [3].
Autre mythe, celui d’une espèce d’automatisme du recours au marché, régi par l’offre et la demande, comme moyen d’échanger des biens. L’économiste Karl Polanyi a pourtant montré que des sociétés comme celles de l’Antiquité ou des Dahomey [4] ont vécu dans des systèmes différents du nôtre [5].

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-> Nul ne sera traité comme une marchandise
Chômeurs activation, infantilisation... et résistance
Entre un Etat social qui fait la course aux économies et des intérêts privés qui s’affirment de plus en plus ouvertement, des associations continuent à se battre.

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-> Tous auront droit à la culture
Une si artistique précarité
Les artistes sont essentiels, ils nous apportent de la beauté, de la réflexion, nous interpellent. Pourtant, bien que d’utilité publique, ces artistes, à l’exception de quelques-uns, ont souvent du mal à nouer les deux bouts. N’est-il pas temps pour nous de les soutenir autrement qu’aujourd’hui ? Et de les sortir des contraintes du marché ?

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-> Tous auront droit à un enseignement offrant chances égales et ouverture sur la complexité du monde
Ecoles secondaires, un marché comme les autres ?
La Belgique a pour malheur d’avoir l’un des systèmes scolaires les plus reproducteurs des inégalités sociales… Les écoles deviendraient-elles des laboratoires du libéralisme ?

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-> Tous auront droit à un emploi digne et épanouissant
Concentré de néolibéralisme en entreprise
Le travail occupe, pour bon nombre d’entre nous, une part essentielle de la vie. Au cœur du système capitaliste, il est particulièrement touché par l’esprit du libéralisme. Et de plus en plus synonyme de souffrance.

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-> La Terre n’appartiendra à personne
Quand la nature est privatisée
Jusqu’où l’appropriation par quelques-uns des biens communs pourra-t-elle aller ? La marchandisation de notre univers entier est-elle en vue ?

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-> Le retour des « partageux »
Interview de Paul Ariès, politologue et militant de la décroissance et de l’antiproductivisme.

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Lire ce dossier (11 pages) dans le magazine papier disponible chez votre libraire. Vous pouvez aussi le commander par courriel (nous vous l’enverrons par la poste, voir tarif ici) ou l’acheter au format PDF (3 euros).

[1De plus, ces grands mythes fondateurs sont issus d’une lecture tronquée de ceux que l’on considère comme les pères de notre économie de marché, Adam Smith ou John Stuart Mill… Voir Amartya Sen, L’idée de justice, Flammarion, 2010.

[2Dont de nombreux ouvrages sont en accès libre : classiques.uqac.ca/contemporains/ godbout_jacques_t/godbout_jacques_t.html.

[3Lire aussi le dossier consacré au don dans Imagine, n° 65, janvier-février 2008.

[4Au Dahomey, royaume africain qui deviendra le Bénin en 1975, un système particulièrement performant de centralisation et de redistribution des ressources est mis en place au 18e siècle, qui lui évitera les famines dont pâtirons ses voisins.

[5Karl Polanyi, Essais, Seuil, 2008.

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