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Lutter contre la pollution lumineuse : un cercle vertueux

Savez-vous qu’en 1992, l’Unesco a déclaré le ciel nocturne « patrimoine mondial à protéger » ? Pourtant le halo orangé qui enveloppe nos villes la nuit masque (à l’oeil nu) jusqu’à 97 % des étoiles. Loin de n’être qu’une simple gêne visuelle, ce phénomène est aujourd’hui considéré comme une nuisance qui perturbe les équilibres environnementaux et qui pèse lourd sur nos budgets. Comme on va le découvrir, lutter contre la pollution lumineuse est un cercle vertueux.

« Nous sommes en mauvaise posture en Europe, et plus particulièrement en Belgique. Vous ne trouverez plus nulle part dans notre pays un ciel vraiment noir », affirme Francis Venter, président de l’Association pour la sauvegarde du ciel et de l’environnement nocturnes (Ascen) [1]. Cette association est composée d’une majorité d’astronomes amateurs et professionnels. Ce sont eux en effet, aux avant-postes de l’observation du ciel, qui ont été les premiers à alerter de la situation.
Mais l’enjeu dépasse les questions patrimoniales, la pollution lumineuse ayant des impacts importants sur la biodiversité et la santé. Lors des migrations, les oiseaux peuvent être désorientés par les éclairages ou même piégés par les faisceaux lumineux. De même, les insectes, attirés par la lumière artificielle, tournent jusqu’à épuisement autour des lampadaires, entraînant des pertes de population qui perturbent l’équilibre des écosystèmes. Toutes les espèces animales, nocturnes comme diurnes, sont affectées, l’homme également. L’exposition à la lumière artificielle la nuit peut entraîner la baisse ou l’arrêt de la sécrétion de mélatonine, une hormone qui joue un rôle crucial dans le cycle du sommeil et qui a un rôle anticancéreux. Des études scientifiques ont ainsi montré une augmentation du risque de cancer lors d’une exposition constante à la lumière artificielle la nuit. Plus étonnant, le magazine Science et Vie de mars 2011 révèle que l’éclairage artificiel empêcherait l’air de se purifier en détruisant certaines molécules nécessaires au processus de « nettoyage » de l’atmosphère [2]. D’autre part, le même article montre que les insectes vecteurs du paludisme dans les pays tropicaux sont attirés par la lumière artificielle, contribuant à l’augmentation du nombre de victimes de cette maladie.

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Lire cet article (3 pages) dans le magazine papier disponible chez votre libraire. Vous pouvez aussi le commander par courriel (nous vous l’enverrons par la poste, voir tarif ici) ou l’acheter au format PDF (3 euros).

[1L’Ascen a pour mission d’informer le grand public et d’alerter les responsables politiques sur les impacts de la pollution lumineuse : www.ascen.be.

[2Harald Stark, chimiste à la National Oceanic and Atmospheric Administration, a découvert, après avoir effectué des mesures dans le ciel de Los Angeles, que les éclairages artificiels détruisaient 5 % des radicaux nitrates. Or, ces oxydes d’azote, actifs la nuit, neutralisent normalement les composés organiques volatils (COV), polluants qui contribuent à la production d’ozone, un gaz irritant. L’augmentation de la teneur de l’air en ozone troposphérique est ainsi évaluée à 7 % en raison des seuls éclairages nocturnes.

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