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Autochtones

Aux caméras, citoyens !

En Bolivie, un mouvement social autochtone se sert de la communication pour faire valoir ses droits. Longtemps exclus des sphères de pouvoir, les communautés renforcent leur identité et contribuent au processus de transformation politique du pays via des productions audiovisuelles. Reportage dans les Andes boliviennes, au cœur d’une initiative unique en Amérique latine.

Aux abords du lac Titicaca, un groupe d’apprentis cinéastes apprivoisent les subtilités de la lumière. A midi, on ne tourne plus ! Le soleil est à la verticale. Des ombres disgracieuses se dessinent sur le visage des cultivateurs accroupis sur la terre rocailleuse. Le cadreur décolle son oeil du viseur de la caméra. La preneuse de son dépose sa perche. L’équipe de tournage attendra que la lumière baisse, avant de reprendre son travail.

Filmer pour changer la société

Bienvenue à Copacabana, petite ville située sur les hauts plateaux de la Bolivie, à 3.800 mètres d’altitude et à quelques kilomètres de la frontière avec le Pérou. C’est ici, au cœur du territoire aymara, que 18 jeunes apprentis cinéastes suivent un atelier du Centro de formación y realización cinematográfica (CEFREC).
Dans une chambre d’hôtel qui leur sert de studio de montage, l’équipe s’installe devant un ordinateur pour réviser les images de la matinée. Sandra Chuquimia, 18 ans, parle de son film qui traite des enjeux de la migration économique. Ses parents ont quitté leur village pour s’installer à La Paz, la capitale. Elle explique qu’avant leur départ, la communauté comptait 120 familles. Aujourd’hui, moins de 30 y vivent encore. « J’ai décidé de faire ce film pour montrer aux gens comment la migration affecte ma communauté, raconte-elle. L’objectif est de stimuler le débat et de trouver des solutions. »

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