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A la recherche d’une vraie « économie verte »

L’économie verte sera en première ligne des débats à Rio. Mais si cela se traduit par un simple « verdissement », qui ne serait qu’une énième version de l’économie capitaliste, Rio+20 ne sera pas le tournant attendu. L’occasion est pourtant belle – et les propositions abondent.

« Nous considérons l’économie verte comme un moyen d’atteindre un développement durable, qui doit rester notre objectif premier. Nous reconnaissons que l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté doit protéger et améliorer les ressources naturelles, augmenter l’efficacité des ressources, promouvoir des modèles de consommation et de production durables, et pousser le monde vers un développement sobre en carbone. » Ces mots sont ceux de l’article 26, dans la version préparatoire du document final [1] proposé par les Nations unies à l’occasion du Sommet de Rio+20.
L’ONU en appelle donc à une transformation de notre économie, aujourd’hui trop gourmande en ressources, polluante et génératrice d’inégalités sociales.
Pour y arriver, la proposition phare du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) [2] est d’investir 2 % du PIB dans dix secteurs clés, afin de les réorienter  : l’agriculture, l’énergie, la construction, la distribution de l’eau, la foresterie, la pêche, la manufacture, la gestion des déchets, le tourisme et le transport. Ces 1.300 milliards de dollars par an devraient permettre d’atteindre un ensemble d’objectifs (voir tableau 1, p.38) nous éloignant de la catastrophe (voir tableau 2, p.38 – comparaison impacts).
Si l’on prend l’exemple de l’agriculture, le PNUE estime qu’un investissement de 100 à 300 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 dans le soutien aux bonnes pratiques écologiques (« usage rationnel de l’eau, recours aux fertilisants bio et naturels, pratiques de labours optimales, lutte intégrée contre les ennemis des cultures ») aurait pour effet à long terme un enrichissement des sols et une hausse des rendements mondiaux des principales cultures de plus de 10 %.
Dans le cas des transports, le Programme pour l’environnement suggère entre autres choses que les prix reflètent les coûts externes – les embouteillages, la pollution, les accidents, qui peuvent dans certains pays représenter jusqu’à 10 % du PIB.
Et ainsi de suite.

(...)

[1Plus communément appelé « zero draft », c’est le document sur lequel se pencheront les participants au Sommet, qui y apporteront amendements et modifications avant une éventuelle signature. Voir www.uncsd2012.org.

[2Développée dans un rapport du PNUE, Vers une économie verte, pour un développement durable et une éradication de la pauvreté. Voir www.unep.org/ greeneconomy.

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