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El Hierro (Canaries), « l’île de l’alternative paisible »

Vers l’indépendance énergétique

A mille lieues de la crise péninsulaire et continentale, une oasis de tranquillité subsiste à l’extrême sud-ouest de l’archipel des Canaries, dans l’océan Atlantique. Mine de rien, à l’abri des regards et des tours de contrôle, l’île de Fer poursuit son développement singulier. Contrairement à ses grandes sœurs flattées par le tourisme de masse, la petite dernière a opté pour une croissance lente, basée sur une économie diversifiée, associée au respect du biotope et de l’identité sociale et culturelle de ses habitants. Son modèle d’autonomie énergétique pourrait servir d’exemple à d’autres îles et régions du monde.

Les Herreños [1], sur leur immense volcan jailli du fin fond de l’Atlantique, demeurèrent longtemps isolés du reste du monde. L’océan, en ces latitudes, a toujours été sans pitié et la traversée vers Tenerife périlleuse.
Jusqu’aux années 70, même le déplacement entre les quelques bourgades de l’île était fastidieux à cause du relief escarpé et de l’absence de routes. En dépit d’une nature splendide, d’un climat varié, de ressources halieutiques et sylvestres abondantes, la vie quotidienne n’y a donc pas toujours été clémente. L’eau courante était souvent rare et la majorité des foyers privés d’électricité. Pendant des siècles, ces conditions précaires encouragèrent les locaux à émigrer, vers une île voisine ou bien vers le continent, ou encore outre-Atlantique, le plus souvent au Venezuela. « Notre terre n’a jamais été valorisée. Historiquement, elle a toujours souffert du manque d’infrastructures. Elle n’attirait d’autres populations que celles dont on ne désirait plus ailleurs », raconte Tomás Padrón, dénué de toute rancœur.
Désormais à la retraite, il a dirigé le gouvernement local de 1979 à 1991, puis de 1995 à 2011, année où il se retire volontairement de la vie politique. Au total, près de 30 ans. C’est dire si les gens lui ont fait confiance. A Valverde, la capitale, on craint que la maladie n’ait été la raison profonde de sa démission. Aujourd’hui, il accorde toujours volontiers un café, une causette aux amoureux de la nature, aux journalistes ou aux scientifiques en visite sur l’île de Fer, nommée à juste titre l’« île de l’alternative paisible » (« la isla de la tranquila diferencia »).

Un projet politique collectif

Après la chute de Franco, les premières élections démocratiques donnent aux Herreños l’espoir d’un changement, la possibilité de porter leurs revendications jusqu’à Tenerife, à Madrid ou à Bruxelles.

(...)

Reportage réalisé grâce à l’aide du

[1En espagnol, les habitants de l’île de Fer, sont appelés les Herreños.

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