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« Se changer soi, changer le monde »

La pratique de « la pleine conscience »

A l’heure de la crise écologique et sociale, comment faire le lien entre la pratique intérieure – se changer soi-même – et l’engagement citoyen dans l’action – changer le monde ? L’association Emergences organise deux journées de réflexion et d’échanges sur cette pratique nouvelle [1] appelée « la pleine conscience » (mindfulness), ces 28 et 29 septembre à Bruxelles. Quatre personnalités du monde de la psychologie, de la vie spirituelle et de l’action citoyenne y participent : Jon Kabat-Zinn (fondateur de la Clinique de réduction du stress), Pierre Rabhi (agriculteur et écologiste-philosophe), Christophe André (chef de file des thérapies comportementales et cognitives en France) et Matthieu Ricard (moine bouddhiste, docteur en biologie moléculaire et traducteur en français du Dalaï Lama).

En préambule à ces journées, nous avons rencontré Christophe André, Pierre Rabhi et Illios Kotsou, chercheur à la Faculté de psychologie à l’UCL, coorganisateur avec Caroline Lesire de l’événement. Prenant leurs distances avec une société engluée dans l’individualisme et le consumérisme, ils tracent ici des pistes susceptibles de nous aider à avancer sur le chemin de l’épanouissement individuel et collectif.

 Illios Kotsou (chercheur en psychologie à l’UCL)
« On peut entraîner notre cerveau pour accroître notre bien-être »

On peut voir la méditation comme une pratique nombriliste, une forme de repli sur soi. «  Bien au contraire, estime Ilios Kotsou, en adoptant un point de vue scientifique. L’intérêt récent des chercheurs pour la pleine conscience est un domaine nouveau, qui ouvre des perspectives enthousiasmantes. On a ainsi pu prouver que la pleine conscience permet d’apprivoiser le stress et les émotions. De se reconnecter de manière plus juste à soi-même, au monde et aux autres. Et ainsi d’accroître notre bien-être individuel et collectif. »

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Jon Kabat-Zinn, le créateur de la première clinique de réduction du stress et du programme de la pleine conscience

Qui est le docteur Jon Kabat- Zinn et que propose-t-il comme méthode pour réduire le stress, ainsi que les souffrances physiques et psychiques ?
Jon Kabat-Zinn est professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université du Massachusetts. Il a fondé la Clinique de réduction du stress en 1979, associée à son université. Au départ, il travaillait sur les pathologies liées à la douleur chronique, là où la médecine conventionnelle trouve ses limites. Sa méthode de réduction du stress tire ses origines dans la méditation bouddhiste. Il a lui-même appris les bases de la méditation bouddhiste et les a sécularisées. Il en a élaboré un programme en huit semaines au cours duquel on pouvait retirer les bénéfices de ces pratiques, mais dans un cadre totalement laïque, non religieux. Les types de problèmes de santé traités par la suite ont été l’hypertension artérielle, le cancer, les troubles gastro-intestinaux… autant de pathologies où il y a une souffrance importante. Finalement, son domaine d’action s’est étendu à des questions comme la qualité de vie, les relations familiales ou de travail, etc. La méthode est aussi appliquée dans le champ de la santé mentale, notamment pour prévenir les problèmes d’humeur et les rechutes dans la dépression.

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Christophe André, psychiatre
« Réintroduisons de l’altruisme dans nos sociétés »

Changer le monde ? C’est introduire du bonheur autour de soi, inoculer la non-violence, diffuser les émotions positives qui feront mouche. Pour cela, Christophe André invite à se changer soi. Le psychiatre propose également d’entrecouper ses journées de pauses qui apaisent l’esprit et donnent le temps de trouver la juste réponse à la vie.

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Pierre Rabhi
« La sobriété heureuse s’oppose aux injustices de la croissance »

Pierre Rabhi a fui l’usine et la fureur du monde moderne, il y a 50 ans, pour reprendre une ferme dans le sud de la France. Il y a lu Socrate, appris l’agriculture bio et inventé la sobriété heureuse. Ce papy de la décroissance nous a reçus, cet été, chez lui en Ardèche. Dans la stridulation des criquets, il nous explique comment changer le monde en cultivant son potager.

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[1Elle tient ses origines du bouddhisme, qui a 2500 ans, donc « nouvelle » est assez relatif.

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