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Au cœur du vivant, des boucles à l’infini

On les appelle « boucles de rétroaction », « feedbacks », « effet boule de neige », « cercle vicieux/vertueux »… Elles sont partout et constituent le mécanisme fondamental des systèmes complexes, donc de l’écologie, et plus généralement de la vie. Petit tour au pays des boucles.

Tout peut partir d’un compliment : « Quel beau dessin  ! » Et l’enfant, fier, se remet à dessiner. Plus il dessine, plus il a de chances de faire de bons dessins, et d’avoir des compliments en retour, et donc de rester motivé… Jusqu’à ce qu’on ne se souvienne plus de l’origine de la spirale et qu’un jour, des années plus tard, à un repas de famille, on s’exclame à propos de celui qui a fait une belle carrière dans la BD : « Il a toujours eu ce don ! »

Des boucles positives… pas si positives que ça

Les boucles de rétroaction sont partout. On les dit « positives » quand l’effet renforce la cause. C’est la boule de neige. Mais la boucle a beau être positive, parfois elle n’a rien de réjouissant ! Par exemple, plus il fait chaud, plus la banquise fond, et plus la mer absorbe les rayons du soleil (la banquise était blanche et reflétait les rayons), et donc plus il fait chaud et plus la banquise fond…
Le réchauffement climatique, par exemple, s’est emballé dans un tourbillon de boucles. Comme le rappelle Dennis Meadows, le principal auteur du rapport du Club de Rome : « C’est très complexe. Les boucles de rétroaction sont nombreuses, inattendues et rendent le système climatique très instable. J’ai compté au moins 12 boucles de rétroaction. (…) Il y a tellement de paramètres qui changent que le climat est aujourd’hui en train d’évoluer de manière autonome. On continue à dire qu’on peut maîtriser le climat, mais il n’en est rien. » [1]. L’une des boucles climatiques les plus angoissantes est celle du permafrost [2] : plus le climat se réchauffe, plus le permafrost fond, plus il libère des gaz à effet de serre (surtout du méthane), et donc plus le climat se réchauffe vite…

(...)

[1Interview de Dennis Meadows dans Imagine n° 92, p. 20-21.

[2Le permafrost (anglais) ou pergélisol (français) est un sous-sol gelé en permanence. La biomasse ne se décompose donc pas à ces endroits. Les pergélisols représentent des quantités de biomasse très importantes : le permafrost s’étend en effet sur un quart des terres émergées de l’hémisphère nord ! En cas de dégel total, les conséquences d’une décomposition de toute cette matière organique seraient absolument cataclysmiques pour le climat !

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