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Entreprises coopératives

La planète COOP - dossier


Dans un monde économique largement dominé par le modèle capitaliste une alternative crédible existe, qui peut nous apporter plus de démocratie et de justice dans l’entreprise : la coopérative.


Un travail démocratique

Porteur de sens, de justice, de redistribution des richesses, le mouvement coopératif est pourtant en Belgique un peu timide. Et s’il retrouvait un second souffle ?

2012 a été décrétée « Année internationale des coopératives » par les Nations unies. Son slogan ? « Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur. » En ces temps de crise financière, environnementale, économique, sociale, démocratique, le modèle coopératif ne serait-il pas une piste pour développer une économie qui soit plus juste, utile à tous, redistributrice de richesse ? Qui soit à notre service et non l’inverse ? Malgré ses presque 170 années d’existence, la coopérative n’est-elle pas une idée extrêmement moderne et d’actualité ?

Le mot et la chose

Commençons par une définition, celle de l’Alliance coopérative internationale : « Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement. » Les grands principes qui régissent ces associations particulières sont définis dès 1844 par l’une des premières coopératives, la Société des équitables pionniers de Rochdale. Ce groupe de tisserands veut alors s’assurer un salaire décent tout en vendant ses produits à des prix raisonnables. Ils ouvrent ensemble un magasin coopératif et pratiquent la vente directe.

Les préceptes sont toujours d’actualité :
- adhésion libre et volontaire ;
- un membre, une voix ;
- rémunération limitée des parts de capital des membres ;
- répartition des bénéfices au prorata des activités des membres.
L’Alliance y a depuis ajouté :
- autonomie et indépendance
- éducation et formation des membres ;
- coopération entre coopératives ;
- engagement envers la communauté [1].

En Belgique, ces très beaux principes ne sont pas inscrits dans les textes de loi qui régissent les coopératives. « Nous avons le statut coopératif le plus idiot du monde, s’exclame Jacques Defourny, professeur à la HEC-ULg. Ce sont juste des sociétés de personnes à capital variable, dont le capital ne doit pas être énorme et peut changer. Tout le reste est optionnel ! » (voir encadré « législation »).
Cette souplesse a attiré nombre d’entrepreneurs, mais la grande majorité d’entre eux sont loin d’avoir effectivement l’esprit coopératif. Un Conseil national de la coopérative a du coup été créé (en 1955) pour offrir une reconnaissance spécifique, un label aux coopératives « façon Rochdale ». Résultats ? 490 entreprises agréées fin 2011, soit à peu près 1 % des coopératives belges... On trouve aussi des coopératives au sein de l’économie sociale : 70 % des presque 500 entreprises à finalité sociale sont organisées ainsi [2]. Bon an mal an, ce sont donc quelque 800 entreprises qui ont adopté chez nous cette façon particulière de concevoir le travail et l’économie.

(...)

Quelques coopératives décrites :
- LST coopérative, un outil de résistance
- Coprosain, une agriculture à taille humaine
- Le Frites théatre, pour une culture démocratique
- Ethiquable, le sens du travail
- Proxémia, une entreprise socio-communale
- Les coopératives éoliennes citoyennes, un vent d’autonomie
- Vin de Liège, ça roule !

[1Nous reprenons ici les formulations de Jacques Defourny : www.saw-b.be/ com/Sources-des-cooperatives-belges_Jacques-Defourny_SAWB-2mars12.pdf

[2Elles étaient 457 en janvier 2008, 517 aujourd’hui, selon Lieve Jacobs, de Cera. Certaines d’entre elles ont l’agrément du CNC, il y a donc certains doublons.

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