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Les abeilles sont parties
(de nous-mêmes)

La sortie d’un magnifique film documentaire sur les abeilles, More than honey (Plus que du miel), nous donne l’occasion de réfléchir à notre relation avec le vivant. Si on les écoute très attentivement, les abeilles parlent de notre civilisation. Des abeilles comme allégorie, et comme miroir grossissant.

Dans certaines régions de Chine, il n’y a plus d’abeilles, ce sont des humains qui pollinisent les pommiers à l’aide d’un pinceau, fleur par fleur, arbre après arbre. Ayant fait moi-même l’expérience de polliniser à la main, pendant des heures, à l’aide d’un petit vibreur électrique, des serres entières de tomates, je ne peux que compatir au sort de ces pauvres Chinois, réduits à travailler dur pour quémander à la nature quelques malheureuses petites pommes.
Les abeilles sont des extensions de nos bras. Elles sont aussi les extensions de notre nez. Entre 10.000 et 60.000 butineuses par ruche scrutent inlassablement chaque fleur et chaque petit recoin des campagnes et des villes alentour. Les butineuses sentent et touchent le monde, et nous parlent de lui à travers leur miel et leur corps. Le miel est pollué ? Les abeilles meurent ? Nos sens sont en alerte ! Ce n’est pas bon signe, le rapide déclin de ces sentinelles de l’environnement annonce très probablement le nôtre.
Les abeilles sont aussi les extensions d’une grande majorité de plantes. Grâce à elles « les plantes font l’amour » [1] et portent leurs fruits. Avec ce mystérieux déclin des colonies, bientôt on subira des chutes brutales de rendements agricoles. Les trois quarts des principales cultures alimentaires dépendent directement des abeilles. Sans elles, nous ne mangerions que du blé, du maïs ou du riz…

(...)

[1Toutes les citations sont issues du film documentaire More than honey (lire aussi notre article en page 46).

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