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Quelles sciences pour penser le nouveau monde ?

La science « classique », organisée en disciplines, « neutre » et coupée de la société, n’est pas capable de comprendre la crise systémique que nous vivons. Décloisonner les disciplines, ouvrir les sciences à la société et à l’éthique, telles sont les propositions du rapport de Tom Dedeurwaerdere, à l’occasion du premier Congrès scientifique interdisciplinaire sur le développement durable.

Face à la situation critique dans laquelle notre société est plongée, chaque discipline scientifique y va de sa petite proposition : les climatologues, les agronomes, les ingénieurs, les architectes, les économistes, les sociologues, etc. Des propositions parfois contradictoires et souvent déconnectées de la réalité des gens. Et il devient évident que l’ensemble de ces propositions « monodisciplinaires » ne constituera jamais une stratégie globale. Au contraire, les œillères de chacun empêchent de penser de manière systémique. Le tout est plus que la somme des parties...
Curieusement, de nombreux scientifiques en sont conscients, et même inquiets. Mais ils ne peuvent le dire trop haut, « pas plus que des parents ne peuvent se disputer devant leurs enfants » [1]. Car ouvrir un tel débat dans la société reviendrait à remettre en cause l’autorité de la science. Devant un tel chantier, le « public » perdrait confiance en sa science, toujours « objective » et sûre d’elle-même. Le « progrès » scientifique est à ce prix, mais « la question de savoir pourquoi ce progrès peut aujourd’hui être associé à un “développement insoutenable” ne sera pas posée » [2]. Il y a là un sérieux blocage.

(...)

[1Isabelle Stengers. Une autre science est possible ! Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2013.

[2Op. cit., p 12.

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