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Espagne

Marinaleda, le village où coopérer est une réalité

Marinaleda est une utopie née des cendres du franquisme. Ce village de 25 km² et de quelque 3.000 âmes, dans la province de Séville, en Andalousie, a inventé une démocratie participative qui accorde une place à chacun. Aujourd’hui, le village défend le modèle d’une économie résiliente qui montre une résistance exemplaire à la crise frappant l’Espagne depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.

« Il y a beaucoup de travail à Marinaleda, comparé aux autres villages du coin », lance Eduardo Valderrama, conseiller communal de ce village d’Andalousie, à la pointe sud de l’Espagne. Certes, la coopérative tourne au ralenti, touchée par la crise comme toutes les entreprises espagnoles. Certes, nous voyons la demande de travail exploser avec le retour de nos jeunes qui ont perdu leur emploi, mais le village parvient à limiter la casse. »
Humar, la coopérative municipale et premier employeur du village, s’attache aujourd’hui à répartir le travail disponible entre tous afin d’assurer un revenu à chaque famille. Ainsi, si la crise touche tout le monde à Marinaleda, personne n’est pauvre [1]. De plus, la politique originale de logement mise en place par la municipalité est parvenue à enrayer la spéculation foncière et à protéger les candidats propriétaires des expulsions, véritables fléaux en Espagne où 500 familles sont délogées chaque jour, faute de parvenir à honorer leur emprunt hypothécaire.

Caricature de village latifundiaire

L’histoire de Marinaleda commence en 1979, avec les premières élections démocratiques de l’après-franquisme. Le Collectif unitaire des travailleurs, créé par le Syndicat andalou des travailleurs, remporte la majorité absolue, avec neuf conseillers sur onze. La place d’Espagne est rebaptisée en place du Peuple, et Sánchez Gordillo devient le maire charismatique du village. Trente-trois ans plus tard, il l’est toujours.

(...)

[1Le taux de chômage en Andalousie était de 31 % au début de l’année, contre 22 % en moyenne en Espagne. Un jeune Espagnol sur deux de moins de 25 ans est sans emploi. Le chômage est par contre totalement inexistant à Marinaleda.

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