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Evo et les machos

En Bolivie, l’émancipation de la femme doit affronter un profond machisme ambiant. Et les politiques favorables à l’autonomisation des Indiens, porteuses de véritables avancées sociales, ont aussi leurs revers. Fondamentalement patriarcales, les sociétés traditionnelles ne reconnaissent pas de droits aux femmes. Et la violence conjugale envers l’autre moitié du ciel se perpétue de manière inacceptable. Rencontre avec Fernanda Wanderley, docteure en sociologie, auteure spécialisée dans les questions de genre et de politiques sociales.

Président atypique d’origine indigène, Evo Morales a soulevé de vifs espoirs en accédant à la présidence de la Bolivie en 2006. Et effectivement le pays s’est transformé, grâce à la reconnaissance des droits des indigènes ainsi qu’à des politiques sociales actives.
Sur la scène internationale, la Bolivie s’est distinguée en faisant reconnaître l’accès à l’eau potable comme un droit essentiel. Mais s’agissant de la condition de la femme, la Bolivie n’a pas beaucoup bougé, même si la nouvelle constitution adoptée en 2009 comprend 30 articles qui évoquent la question du genre.

La Bolivie est-elle plongée dans l’austérité à l’Européenne ?
L’économie bolivienne se porte plutôt bien, comme toute l’Amérique latine. Nous sommes exportateurs de matières premières, surtout de gaz, de zinc et d’étain, dont les prix sont aujourd’hui soutenus. Ces matières premières alimentent 60 % des budgets publics, de sorte qu’il y a beaucoup d’argent en circulation. Le gouvernement mène une politique active de redistribution des ressources de l’Etat et on a vu beaucoup d’allocations instaurées ou augmentées. Les pensions, créées dans les années 90, ont vu leur montant triplé sous Evo Morales, l’actuel président. Il a également créé des allocations familiales et une allocation pour les anciens combattants.

Pas de quoi se plaindre ?
Ces allocations sont très liées aux exportations de la Bolivie et donc au contexte international. Que se passera-t-il si le prix des matières premières baisse ? Les allocations baisseront également, c’est une constante dans l’histoire de notre pays, les cours des matières premières montent, le gouvernement est populaire, ils baissent, le gouvernement doit affronter la colère de la rue. On ne voit pas vraiment la solution, car le gouvernement n’essaie pas de construire une économie indépendante de l’extérieur. C’est un peu comme au Venezuela, pays riche de son pétrole, où des programmes sociaux font reculer la pauvreté, mais que la désindustrialisation rend de plus en plus dépendant de ses exportations pétrolières.

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