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Le côté obscur de l’entraide

Coopération, altruisme, entraide… voilà le bon côté de la nature humaine. Mais au pays des « gentils », tout n’est pas si rose. Des expériences récentes montrent que l’un des moyens les plus efficaces pour favoriser l’entraide dans un groupe est la punition.

On ne le sait que trop bien, tout le monde n’est pas Mère Teresa. Il y aura toujours un petit malin pour tricher à un jeu de société ou à une compétition sportive, ou même pour essayer de ne pas contribuer au bien public. Contribuer ou profiter ? Les deux sont tentants. Mais comment décider ? Surtout si la contribution au bien public a un coût individuel…
Ces « dilemmes coopératifs » sont nombreux dans la vie courante : recycler, acheter bio, voter, donner son sang, etc. Pour bien mesurer ces dilemmes, les économistes ont créé des jeux, tels que le dilemme du prisonnier ou le jeu du bien public (voir Imagine n° 98). Dans ce dernier jeu, les joueurs peuvent choisir de participer à un pot commun qui sera redistribué (coopérer) ou de garder leurs billes en recevant quand même une partie du pot commun (profiter). Un économiste classique (rationnel et égoïste, faut-il le rappeler) gardera ses billes, profitant ainsi du bien collectif. Logique. Mais chez les gens ordinaires, il se trouve toujours entre 40 et 60 % de personnes pour contribuer dès le premier tour au pot commun ! Comme quoi, les Mère Teresa sont potentiellement nombreuses…
Cependant, au bout de quelques tours de jeu, les chercheurs constatent que la contribution générale chute. En effet, si le groupe est très coopératif dès le début, les gains seront importants, les quelques profiteurs seront grassement récompensés… et proliféreront. La coopération dans un groupe est donc une chose fragile qui peut s’effondrer en un instant si l’on n’y prend garde. Dans une expérience datant de 2000 (voir encadré Méthodo), des chercheurs ont alors instauré une nouvelle règle : après chaque tour, ceux qui le souhaitaient pouvaient punir les faibles contributeurs (en diminuant leurs gains). Je suis sûr que vous avez deviné le résultat... (Voir notre graphique en p. 31).

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