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« Apprendre à parler singe ou à parler érable »

L’arbre, la plante ou l’animal, un jour sujets de droit ? Cette question controversée émerge peu à peu. Entretien avec Marie-Angèle Hermitte, juriste, directeur de recherches au CNRS et directeur d’études à l’EHESS.

Un mouvement visant à faire de la nature au sens large (animaux, arbres, plantes…) un sujet de droit semble peu à peu émerger. Il se heurte toutefois encore à l’anthropocentrisme ambiant, particulièrement tenace en Occident.

Effectivement. On ne bouscule pas ainsi des habitudes de pensée et une culture du droit millénaire qui consiste, pour faire bref, à affirmer que l’humain est l’organisme qui a le plus de valeur dans le monde des vivants, ce qui est plutôt positif ; mais dans la foulée, que donner des droits aux éléments constitutifs de la nature, c’est ipso facto amoindrir les droits humains. Quand j’ai commencé à travailler sur cette thématique il y a une vingtaine d’années, on criait au scandale en m’accusant de flirter avec les thèses fascistes, en invoquant le rôle d’Hitler dans le vote de la première loi sur la protection animale, alors qu’en réalité elle avait été élaborée par la République de Weimar. Mais les temps changent, et malgré les fortes réticences philosophico-politiques, on sent que les mentalités évoluent.

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