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Ils échangent leurs connaissances et jouent un rôle d’alerte

Des chasseurs de données au service de la planète

Réseaux sociaux, logiciels libres, matériel open source : les nouvelles technologies ont bouleversé la production de données sur l’environnement. Grâce à des outils bon marché et simples à utiliser, des internautes citoyens se sont mis à collecter et à partager en masse des informations sur les abeilles, les radiations nucléaires ou la pollution de l’air. Une évolution qui pourrait transformer notre rapport à la nature et aux dangers qui nous menacent.

Dans les minutes qui suivent la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, Pieter Franken et Sean Bonner pianotent fiévreusement sur leur clavier d’ordinateur, s’échangeant des messages inquiets. Le premier, d’origine hollandaise, travaille dans une entreprise de sécurité à Tokyo. Le second, américain, se présente comme journaliste et activiste ; imprégné de philosophie punk et do it yourself, c’est un touche-à-tout qui a participé à de multiples aventures dans le monde de l’Internet libre. « Nous cherchions à avoir des informations. Personne ne savait vraiment ce qui se passait, raconte Pieter Franken. Dans les 24 heures qui ont suivi, un tas de gens se sont ajoutés à notre conversation, puis nous nous sommes retrouvés pour une réunion collective sur Skype. » Un seul sujet de préoccupation : connaître le taux de radiations nucléaires. La tâche s’avère particulièrement ardue. « Les données fournies par le gouvernement japonais étaient très vagues et partielles, se souvient ce quadragénaire souriant. De plus, elles ne concernaient que quelques lieux et ne permettaient pas d’évaluer le niveau de danger et de contamination dans un quartier, une rue, l’école des enfants. On ne pouvait pas non plus disposer de compteurs Geiger : le stock mondial d’appareils de bonne qualité avait été épuisé en quelques jours. »

Connaître les taux de radiation

Confrontés à l’urgence, les deux hommes décident de créer leur propre système d’information. Dans leur petit groupe improvisé, il y a des gens aux multiples talents, dont celui de pouvoir bricoler un compteur à partir de matériaux open source. « Nous avons d’abord conçu un appareil très rudimentaire, que nous avons distribué à des volontaires, et nous sommes tous partis prendre des mesures », précise Sean Bonner. Le compteur accroché à leur voiture, de courageux escadrons sillonnent les rues de Tokyo et arpentent les 230 kilomètres qui séparent la mégapole du lieu de la catastrophe. Ils couvrent les poteaux d’autocollants indiquant le niveau de radiation mesuré, ce qui permet à tout le monde d’être informé. Les données sont aussi transmises automatiquement à une base de données, qui génère des cartes accessibles à tous sur Internet. Le réseau Safecast est né.

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