article-numero-niveau-2
article-numero-niveau-2
article-numero-niveau-2
article-numero-niveau-2

Les femmes et l’agroécologie sont
l’avenir du Sud

Selon les Nations unies, entre 60 et 80 % des aliments consommés en famille dans le Sud sont produits par des femmes. Mais, au quotidien, le pouvoir de décision reste souvent entre les mains des hommes. Davantage d’égalité entre les genres et un recours plus grand à l’agroécologie permettraient d’augmenter les rendements et de combattre la malnutrition.

Les femmes, avenir de l’homme dans le Sud ? Selon les experts, cela ne fait pas de doute.

1. Les femmes nourrissent les pays du Sud.
Dans le Sud, ce sont les femmes qui remplissent les ventres. La FAO (Food and Agriculture Organization) estime qu’elles produisent 60 à 80 % des aliments consommés en famille, même si les femmes ne représentent qu’une petite moitié de la main-d’œuvre agricole. « Les hommes se consacrent généralement aux cultures de rente qui payeront la maison ou les meubles, souligne Sophie Charlier, chargée de mission au Monde selon les femmes, tandis que les femmes se tournent vers les cultures vivrières qui servent principalement à l’alimentation de la famille, même si une partie de celle-ci peut être commercialisée sur des marchés locaux. »
Responsables du foyer, un œil constamment rivé sur les enfants, les femmes s’adonnent essentiellement à des activités de proximité – entretien du potager familial et exploitation de petits élevages, poules, lapins – dont les produits garniront l’assiette familiale bien avant le lait, le riz ou le coton produits par les époux qui seront, en grande partie, revendus sur les marchés. « Les femmes nourrissent leur famille et leur rôle nutritionnel est d’autant plus déterminant qu’elles transforment les aliments et préparent les repas, renchérit Gilles Michelin, chargé de programme à Aide au développement-Gembloux. C’est sur elles que repose une bonne hygiène alimentaire  : des repas équilibrés, bien préparés avec des mains et des ustensiles propres. Elles ont également un rôle éducatif important dans la transmission des bonnes pratiques alimentaires. »

2. La faim reculerait si les femmes accédaient à un certain pouvoir de décision.
Les inégalités de genre, très présentes au Sud, cantonnent les femmes dans des tâches réputées subalternes qu’elles exécutent avec des moyens sommaires, sans grand pouvoir de décision. « Les engrais, les meilleures terres, le matériel, l’eau sont captés par les hommes qui vont mobiliser ces ressources dans des cultures de rente, poursuit Gilles Michelin. Les femmes se contentent de ce qui reste, les moins bonnes terres, des outils rudimentaires pour entretenir leur potager. Leur marge de manœuvre est d’autant plus faible qu’elles doivent également s’occuper de la famille, chercher l’eau et le bois. Le temps consacré au potager est donc limité. Si elles avaient la possibilité de partager librement leur temps entre travail agricole et domestique, d’accéder aux engrais et à l’eau, le potager familial s’en porterait certainement mieux et dans la foulée l’alimentation de toute la famille. »
En un mot, les inégalités de genre se traduisent bien souvent par des disettes. La FAO calcule que si les femmes accédaient aux mêmes ressources que les hommes, elles augmenteraient de 20 à 30 % leur production et feraient reculer de 12 à 17 % le nombre de personnes souffrant de la faim.
Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, souligne pour sa part que les femmes, lorsqu’elles engendrent un revenu, se montrent plus disposées à le consacrer au bien-être de la famille. Ainsi les chances de survie d’un enfant augmentent de 20 % lorsque la mère contrôle le budget de la famille.

(...)

article-numero-niveau-2
article-numero-niveau-2