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Michel Lepesant

« Les pays riches ont largement dépassé leur plafond de consommation »

Philosophe et expérimentateur, Michel Lepesant tient une place à part dans le mouvement de la décroissance. S’il dénonce nos sociétés qui vivent au-dessus de leurs moyens (écologiques), il s’élève surtout contre l’absurdité et l’injustice du système. Pour lui, les changements de société émergeront d’un travail d’expérimentation sur le terrain qui devra ensuite être traduit en projets et porté dans le domaine politique.

Vous voyez la décroissance comme une révolte contre une société dominée par l’absurde. Quelle est cette absurdité ? Croire à une croissance infinie dans un monde fini ?
L’absurdité, c’est la croissance elle-même. Même si elle pouvait être infinie, elle n’aurait pas de sens. Je ne crois pas qu’il faille se dire seulement : « Quel dommage que notre monde soit limité ! » Un décroissant enregistre le fait qu’il y a des limites et qu’à l’intérieur de celles-ci il existe des espaces de liberté. Les Amis de la Terre défendent l’idée qu’il faut définir un plancher et un plafond : c’est l’espace écologique. Au-dessous d’un certain plancher de consommation la vie n’est pas possible et au-delà d’un certain plafond, on empêche le renouvellement des ressources. Le monde moderne estime que nous sommes libres quand nous dépassons les limites, qu’elles sont faites pour être atteintes et dépassées. Nous pensons au contraire que notre liberté, c’est de trouver notre chemin à l’intérieur des limites.

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