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Le Sud-Kivu à hauteur de femmes

La réalité sociale au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo est complexe, notamment en ce qui concerne le sort réservé aux femmes. Dans cette région minière, dominée par les multinationales, elles travaillent dur et subissent de nombreuses discriminations. En novembre dernier, des étudiants de Master 1 de la section Animation socioculturelle et éducation permanente de l’IHECS, en collaboration avec des médias de Bukavu, ont décidé de s’intéresser à leur réalité quotidienne. Imagine Demain le monde a soutenu ce travail à la fois pédagogique et journalistique, qui nous permet de sortir des sentiers battus de l’information.

Les femmes congolaises,
doubles perdantes du conflit foncier ?

Dans l’est de la République démocratique du Congo, plusieurs centaines d’habitants ont été délocalisés car ils habitaient dans la zone d’activités de Banro, une multinationale canadienne qui exploite l’or dans la province du Sud-Kivu. Ces ménages ont perdu leur maison et leur terrain face aux exigences de Banro qui considère que seul un document légal attestant de leur droit de propriété peut justifier leur implantation sur un territoire. Pourtant, dans cette région rurale, les habitants occupent leur terrain et cultivent leurs champs grâce à un droit d’usage qui leur est reconnu par le chef coutumier. La population, lésée, refuse de se laisser abattre et montre son désaccord.

Le 14 février 2011, dans la localité de Luciga, à Luwhindja, au Sud-Kivu, huit femmes ont voulu forcer le destin mais leur action a été durement réprimée : arrêtées, elles ont été jetées en prison et finalement libérées deux jours plus tard. La raison ? Elles refusaient d’abandonner leurs champs qui se trouvaient sur le tracé de la route qui devait mener au site d’extraction de Banro. Pour montrer leur désaccord, elles se sont assises devant les bulldozers de Banro afin de leur bloquer la route. Ces femmes, traditionnellement chargées du travail agricole, ne sont pourtant pas propriétaires de leurs terres car elles ne peuvent pas hériter. Selon la coutume, seul l’homme peut être propriétaire d’un terrain ou d’une habitation. Solange Lusiku, éditrice et journaliste du journal indépendant congolais Le Souverain, explique : « La femme n’a pas le droit d’être héritière et propriétaire et n’a donc pas de droit de négociation. Elle est à la merci des hommes. » Pourtant, ces femmes n’ont souvent que leur récolte pour nourrir leur famille.
Dans cette même région, selon un témoignage recueilli par Wivine Crespin, mémorante de l’Université de Liège, un membre du groupement de Luciga raconte : « J’ai reçu 2 500 dollars pour ma maison, mais rien pour ma parcelle alors qu’elle a été coupée en deux. Après la construction de la route, j’ai décidé de construire une petite maison commerciale sur le côté de ma parcelle le long de la route. Mais Banro a trouvé cela trop dangereux et m’a demandé de la démolir. J’ai refusé, on m’a alors envoyé en prison pour un jour. Le lendemain, on m’a forcé à signer l’accord de démolition en m’intimidant. »

Droit coutumier contre droit formel

En RDC, deux droits fonciers s’opposent. D’un côté, le droit coutumier et de l’autre, la législation foncière congolaise, autrement dit le droit formel. La majorité de la population rurale occupe le sol selon la coutume (le droit coutumier) et ne possède aucun document légal prouvant qu’elle est propriétaire : « Pour une compagnie privée telle que Banro, seul un droit de propriété légal peut justifier l’implantation sur une terre, tandis que pour les habitants qui cultivent un champ ou exploitent un site minier, le droit d’usage leur est reconnu par le chef du territoire, le mwami, selon le droit coutumier en vigueur depuis des centaines d’années », explique Sara Geenen, post-doctorante de l’Institut de développement de l’Université d’Anvers et auteure d’une thèse sur l’exploitation aurifère dans la province du Sud-Kivu. Pourtant, il existe une loi dans la Constitution congolaise en matière d’expropriation. L’article 34, alinéa 3, stipule que « Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique en moyennant une juste et préalable indemnité octroyée dans les conditions fixées par la loi ». Cet article concerne le droit de propriété, que celui-ci soit obtenu par la coutume ou par la loi. « La question que nous pouvons nous poser est de savoir si l’implantation d’une multinationale, en l’occurrence Banro, est considérée comme d’utilité publique ou non », s’interroge Wivine Crespin dans son mémoire.
En février 2014, Banro avait délocalisé plusieurs centaines de ménages qui habitaient sa zone d’exploitation. « Banro a déplacé des villages à un endroit nommé Cinjira où il fait froid et où personne n’habite. Peu importe la taille de la famille, elle n’a droit qu’à une petite maison qui n’est pas solide et ne répond pas à certaines normes culturelles. Beaucoup de personnes meurent de froid tandis que d’autres ont décidé de redescendre la colline et se retrouvent donc sans habitation », dénonce Solange Lusiku. Parmi les 243 habitants délocalisés à Cijinra, 28 ménages auraient déjà quitté le village suite à l’absence de perspectives de travail, ajoute Wivine Crespin.

Entre business et développement, trouver un juste milieu

Eric Kajemba, coordinateur de l’Observatoire Gouvernance et Paix (OGP) à Bukavu, nuance : « La présence d’une entreprise doit contribuer au développement d’une région, mais elle ne peut pas tout améliorer car elle n’est pas là pour ça. Elle est venue pour faire du business, même si, bien sûr, il doit y avoir un contrat social qu’elle doit respecter. Mais tout ne doit pas reposer sur elle [1]. » Le nœud du désaccord résiderait dès lors dans les termes du contrat négocié entre Banro et le gouvernement congolais, qui a permis à la multinationale de s’implanter et d’exploiter l’or au Sud-Kivu : « Le problème est que l’autorité publique ne joue pas son rôle régulateur. L’Etat n’a pas installé de règles claires et c’est la raison pour laquelle il y a des conflits de territoire entre les habitants, les miniers artisanaux, les chefs coutumiers et les multinationales (Banro) », explique Frédéric Triest, secrétaire exécutif au Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAc). En effet, une entreprise qui s’implante dans un pays se doit notamment de respecter la responsabilité sociale des entreprises (RSE). En RDC, il n’existe pas de contraintes réelles concernant la RSE. Leur contenu est donc décidé selon le bon vouloir de chaque entreprise.

Quand l’espoir tourne au désespoir

Afin de répondre aux attentes de la population congolaise, la multinationale Banro a créé la Fondation Banro en 2005, qui investit particulièrement dans le secteur de l’éducation, en construisant des écoles primaires et secondaires et en proposant des formations pour adultes. Pourtant, en RDC, la scolarité n’est pas gratuite, les parents doivent payer la prime scolaire pour permettre à leur enfant de fréquenter un établissement. Dépossédés de leur terrain, de leurs terres ou de leur activité de creuseurs artisanaux, les parents ne peuvent plus envoyer les enfants à l’école. Résultat ? Le taux de scolarisation est en baisse à Cinjira, alors que de plus en plus d’établissements scolaires sont construits par la Fondation Banro. D’après un témoignage recueilli par Wivine Crespin, un habitant de Luciga s’insurge : « Banro nous a promis qu’elle nous indemniserait en nous donnant assez d’argent pour aller vivre et construire une maison en ville, qu’elle prendrait en charge la scolarisation de nos enfants, qu’elle nous donnerait des bourses pour les études supérieures et payerait nos soins de santé. » Face à ce discours, la compagnie minière se défend : « Les gens veulent qu’on fasse tout, tout de suite, mais une entreprise capitaliste ne devient pas un bienfaiteur du jour au lendemain [...]. On est tout le temps sous pression, les attentes sont énormes car ils [la communauté de Luhwindja] veulent qu’on se substitue au gouvernement. Mais maintenant ça va mieux, car ils commencent tout doucement à se rendre compte qu’on ne peut pas le faire. »
Il n’empêche que l’arrivée de Banro au Sud-Kivu a fait naître une lueur d’espoir au sein de la population congolaise et des autorités locales, qui s’est vite avérée être synonyme de désespoir, de frustration et de déception. Aujourd’hui, certaines personnes disent préférer mourir d’une guerre contre Banro plutôt que de mourir de faim. Depuis l’implantation de la multinationale, le peuple se plaint non pas d’une non-amélioration de ses conditions de vie mais d’une dégradation de celles-ci. Banro empêche l’économie locale de tourner, en privant l’exploitation minière artisanale et en accaparant les terres des agriculteurs. La population se retrouve privée d’activités génératrices de revenu. Malgré la détermination des femmes à protéger les champs qu’elles cultivent afin de continuer à faire vivre leur famille, elles sont les premières victimes de ce conflit qui oppose deux adversaires aux armes inégales.

Laetitia Cuvelier

Photo : © Charlotte Maisin
Au Sud-Kivu, les femmes ne peuvent pas hériter d’une habitation ou d’un terrain. Elles cultivent des champs qui appartiennent aux hommes.

Ces femmes qui veulent sortir des mines

Le travail dans les mines des femmes twangaises, pénible et lourd de conséquences sur leur santé, est loin d’être facile. Elles ne sont pas sûres d’être payées en fin de journée. Certaines souhaitent une autre vie et se lancent, pour y parvenir, dans l’apprentissage de différents métiers.

Maman Lucie est une ex-twangaise de Kamituga, région minière du Sud-Kivu. Comme 30 à 50 % des femmes du secteur en République démocratique du Congo, elle travaillait dans les mines. Un travail qui l’exposait à de nombreux risques pour sa santé. Tous deux déplacés de guerre, elle et son mari ont été contraints de se diriger vers la cité minière quelques années auparavant. Son mari est tombé malade et s’est retrouvé incapable de travailler ou même de se déplacer. Elle a donc pris seule en main leur destinée, ainsi que celle de leurs sept enfants. Le cas de maman Lucie est loin d’être isolé. Maman Thérèse a vécu une situation similaire. C’est « suite à l’irresponsabilité de son mari qui ne faisait rien, buvait de l’alcool et refusait les travaux champêtres qu’elle a dû prendre les choses en main », nous explique un proche. « Le salaire des femmes twangaises est loin d’être suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille. Il couvre parfois uniquement le repas du soir. C’est pourquoi certaines twangaises se tournent vers la prostitution pour compléter l’ordinaire », explique Solange Lusiku, éditrice et journaliste du Souverain, au Sud-Kivu. Pour piler un mortier ras, la femme twangaise reçoit, quand elle est payée, 1 600 francs congolais, ce qui équivaut à moins de 2 dollars. Ce travail lui aura pourtant demandé au moins 5 heures de travail. « Ces mamans sont là parce que c’est la vie qui les y oblige », poursuit Solange Lusiku. En effet, beaucoup de familles ont été déplacées suite aux attaques des différents groupes armés qui sévissent dans l’est du Congo. C’est pour les ouvrir vers de nouveaux horizons que les ONG et associations locales, telles que la commission paroissiale Justice et Paix de Kamituga, mettent en place des formations afin de leur permettre de lancer des activités génératrices de revenus (AGR) et de sortir d’une situation qui ne leur permet pas d’envisager la vie à moyen terme.

Sensibiliser : le b.a.-ba de la reconversion

La commission paroissiale Justice et Paix de Kamituga est l’une des structures de base de la commission diocésaine Justice et Paix du diocèse d’Uvira. Cette structure contient des sous-structures, dont la Dynamique femme. « Nos formations ont été mises en place en 2005 à raison d’une formation par trimestre, explique Fabien Wenga, président de la commission paroissiale Justice et Paix de Kamituga. Nous encadrons une vingtaine d’anciennes twangaises que nous formons à la coupe et couture et à la savonnerie. Le Centre Bienheureux Isidore Bakanja, situé à Goma, organise aussi des formations en soudure et ajustage, menuiserie et charpenterie, boulangerie, art culinaire et hôtellerie, ainsi qu’en mécanique et conduite moto. Cela leur permet ainsi de gagner leur vie sans être exposées à des dangers. Avec nos “sensibilisations conscientisantes”, nous allons faire de notre mieux pour les sortir de leurs conditions difficiles. » En effet, pour la santé des miniers (« mineurs », je suppose), des séances de sensibilisation sur les dangers de la poussière sont régulièrement organisées. L’avantage d’embrasser d’autres métiers non nocifs pour la santé y est également évoqué. Luc Bacishege Muhandule, employé à l’Observatoire Gouvernance et Paix à Bukavu (OGP RDC), souligne l’importance de ces séances de sensibilisation, car sortir les femmes des mines n’est pas chose facile. « Certaines d’entre elles veulent continuer leur activité minière parce qu’elle leur permet de toucher de l’argent directement. Pour qu’émane l’envie de se reconvertir, il faut leur proposer des formations qui leur permettent d’exercer une activité compétitive à l’artisanat minier. Une alternative qui leur assure davantage de revenus. » De plus, la communication est selon lui très importante pour la réussite de ces formations et doit être minutieusement préparée : « Je connais trois femmes qui se sont lancées aveuglément dans l’organisation de formations à la coupe et couture. Leur objectif était clair : sortir les femmes des mines. » Elles s’y sont cependant « mal prises ». Ces formations n’ont pas eu de succès, faute de séances de sensibilisation et de moyens financiers. « Les femmes qui travaillent dans les mines doivent se rendre à ces séances de façon volontaire. Mais la plupart d’entre elles ne sont pas conscientes de tous les dangers qu’elles encourent dans les mines. Certaines décident de partir mais d’autres ne peuvent pas se le permettre. Il faut donc les aider à améliorer leurs conditions de travail mais surtout ne pas dénigrer leur emploi actuel. » Luc Bacishege Muhandule tire la sonnette d’alarme concernant cette tendance à dénigrer le travail minier. Beaucoup d’initiatives cherchent à tous prix à faire sortir les femmes de la mine et en oublient souvent leur premier objectif qui consiste à améliorer le quotidien de ces femmes. Quand on l’interroge sur le pourquoi des formations, Fabien Wenga nous répond qu’elles ont été mises en place pour promouvoir la valeur des femmes méprisées à cause de leur carrière de twangaises en leur donnant les moyens d’exercer une activité lucrative. La commission veut aussi soutenir ces femmes parfois violées ou rejetées par leur famille et sujettes à de nombreux problèmes de santé. Cependant, comme pour les trois formatrices citées ci-dessus, mettre en place les formations peut parfois être difficile. « Le budget dont nous disposons pour organiser ces cours est très limité. Une formation qui devrait prendre six jours doit de parfois être réduite à deux. Cela veut donc dire qu’il nous arrive de supprimer une partie de la matière, faute de moyens », explique Fabien Wenga.

Des formations et des microcrédits En plus d’organiser des formations, la commission octroie des microcrédits sous forme de bétail ou d’argent à ses bénéficiaires. C’est d’ailleurs grâce à cela que Maman Lucie et Maman Thérèse ont pu pleinement se reconvertir. L’association a octroyé à chacune un microcrédit de 300 dollars. Maman Lucie en a utilisé 150 pour le commerce de haricots et de poisson salé et a investi le reste dans l’élevage de porcs et de canards. C’est ainsi que ses sept enfants ont pu prendre le chemin de l’école. Elle est désormais propriétaire de son logement. Maman Thérèse s’épanouit grâce à son commerce de vêtements usagés. Sa fille Isabelle est aujourd’hui infirmière. Ses autres enfants sont toujours sur les bancs de l’école. Leur passé de twangaises semble désormais lointain. « Rares sont les ex-twangaises qui désirent retourner dans les mines », nous dit Solange Lusiku. Là-bas, elles sont dénigrées et subissent régulièrement des humiliations telles que la fouille des parties intimes ou des punitions publiques. « Une femme qui a déjà vécu l’humiliation ne voudra pas la revivre si elle a les moyens de partir. Avoir un petit montant de départ pour s’acheter ne serait-ce qu’un sac de farine et de l’huile pour préparer des beignets pourrait être un bon début », souligne Solange. Les formations peuvent donc avoir un impact significatif sur l’avenir de ces femmes qui, souvent, ne demandent qu’un petit coup de pouce pour prendre un nouveau départ.

Julie Lemba Baïla

Les femmes dans les mines congolaises, des vecteurs de changements ?

Lorsque le sujet des conflits en République démocratique du Congo est abordé, deux expressions semblent revenir systématiquement : la « malédiction des ressources naturelles » en référence à l’appauvrissement des populations locales vivant dans des régions aux sous-sols riches et « l’arme de guerre » qu’est la violence sexuelle envers les femmes. On parle peu de celles qui travaillent dans les mines artisanales, si ce n’est pour dessiner un portrait simpliste de victimes strictement passives. La vérité, elle, est éminemment plus complexe et ce secteur à hauts risques parfois considéré comme source d’opportunités.

En République démocratique du Congo, on estime que le secteur minier artisanal produit 90 % du minerai exporté et qu’il permet de faire vivre directement et indirectement près de 20 % de la population [2]. Il s’agit donc d’une des plus grandes ressources économiques pour des millions de Congolais, mais aussi d’un terrain fertile pour de nombreux abus, de conditions de travail difficiles et dangereuses. Dans ces mines artisanales, 30 % à 50 % des travailleurs sont des femmes1.
N’ayant traditionnellement pas le droit d’entrer dans les mines, les femmes sont assignées à des tâches secondaires : les mamans hilux transportent les pierres, les twangaises les broient à la recherche de minerai, certaines vendent des boissons alcoolisées ou du savon, d’autres se prostituent. Les croyances traditionnelles leur interdisent en effet l’accès à l’intérieur même des mines : leur présence pourrait causer des éboulements ou des catastrophes, voire faire disparaître les minerais [3]. Dans d’autres cas, le souci de leur sécurité est invoqué. Cela permet surtout de confiner la femme dans des rôles subalternes de la chaîne de production et de ne lui accorder qu’une fraction du salaire concédé aux mineurs. « Travailler n’est pas synonyme d’être payée si on ne s’est pas levé avec la chance ce jour-là. On moule près de 12 kilos par jour, mais parfois on n’est pas payé parce que, dans la poussière broyée, le patron ne trouve pas de matières exploitables », confie une twangaise à Sylvain-Dominique Akili, journaliste pour Le Souverain, mensuel congolais édité à Bukavu.

Mines d’or et argent maudit

Les conditions de travail des femmes sont pourtant tout aussi difficiles que celles des hommes : équipement sommaire, épuisement physique, nombreux risques pour la santé, que ce soit par l’inhalation de poussières ou l’exposition continue à des substances radioactives. Sans parler des stigmates profonds engendrés par les abus sexuels, parfois sur de très jeunes enfants, victimes de croyances locales (dans certaines régions, il est dit que des rapports sexuels avec des vierges permettraient de trouver de l’or) ou de la violence basée sur le genre. Dans ce contexte, la fouille des femmes par les propriétaires des pierres jusque dans leurs parties intimes pour lutter contre le phénomène wazekwa – ces twangaises qui cachent des grains d’or dans leur organe génital – illustre tristement les abus qui ont lieu dans des sites miniers souvent dominés par des hommes nomades, coupés de leur communauté.
Nomades, car les mineurs se déplacent au gré des demandes et des prix des matières premières. L’argent circule facilement, mais est rarement capitalisé. Les sites miniers étant généralement éloignés des villes et difficiles d’accès, ils doivent souvent être approvisionnés par avion et les biens de consommation courante sont à deux à trois fois plus chers qu’ailleurs. De plus, les creuseurs dépensent une grande partie de leurs revenus dans l’alcool et la prostitution. Chaque jour, cet « argent maudit » est gagné et dépensé. Dans un contexte de travail harassant et dangereux, les mineurs ont besoin d’échappatoires et ont du mal à planifier l’avenir. Selon Rose Bashwira Nyenyezi, doctorante à l’Université de Wageningen, le phénomène pourrait avoir des racines plus profondes : « Pour les anciens de Kamituga (cité minière au Sud-Kivu), la raison du manque de culture d’épargne vient du blanc colonisateur qui interdisait aux autochtones d’investir dans des biens durables, comme une maison. La seule façon de ne pas être accusé de vol de minerais et puni était de dépenser cet argent dans une femme ou dans l’alcool. » Après tout, il était dans l’intérêt des colons de limiter l’urbanisation de la population et de contrôler cette « force de travail bon marché » par des lois discriminatoires. Mieux valait favoriser la construction de baraquements le long des puits miniers pour surveiller les voleurs de diamants ou les agitateurs potentiels [4].

Des femmes-piliers

« On dit que l’homme qui sort des mines sans argent rentre en lambeaux et que c’est à la femme de le recoudre », explique Solange Lusiku, journaliste congolaise et éditrice du Souverain. Malgré tout, ces femmes ne se séparent pas de leur mari car « avoir un homme sous son toit est une ascension sociale. Si on retourne dans la société divorcée, on n’est plus reconnue. » Pourtant, dans un pays où le mariage tient une place religieuse et sociale fort importante, les familles se délient, les hommes voyageant de mine en mine et changeant généralement de femme. « Mais les femmes abandonnent aussi les hommes pour quelqu’un qui aura par exemple plus d’argent, nuance Rose Bashwira. Contrairement aux zones urbaines, les gens se quittent plus facilement dans la cité minière, les contraintes sociales sont moindres. »
Le fait est qu’un tiers des femmes qui travaillent sur les sites miniers sont seules, divorcées ou veuves, avec plusieurs enfants. Dans 70 % des cas, elles sont l’unique ressource économique de leur famille et les revenus générés par leur travail dans les mines artisanales contribueraient plus directement au bien du foyer que ceux des hommes4. Moins mobiles que les hommes, et donc plus enracinées dans leur communauté, elles pourraient également favoriser une certaine stabilité sociale – intermédiaires vers un mode de vie plus traditionnel dans un contexte de destruction des référents sociaux majeurs, entre les femmes abandonnées, les mariages précoces ou forcés, les enfants déscolarisés et les logements et services sanitaires précaires.

Artisans et industriels : deux poids, deux mesures

Le propos doit cependant être nuancé : les sites miniers artisanaux sont nombreux en République démocratique du Congo et chaque cas est unique. Tous ne sont pas sous la houlette de groupes armés, certains creuseurs se forment en coopérative, d’autres économisent pour acheter des biens durables, les enfants travaillent dans les mines mais peuvent également être scolarisés, la violence n’a pas la même prégnance selon les carrières. « Dans la pensée collective, les sites miniers sont assimilés à un véritable lieu de débauche, dit Wivine Crespin, qui a eu l’occasion d’étudier le terrain dans le cadre de son mémoire. De ce fait, les creuseurs artisanaux sont stigmatisés et les multinationales minières se servent, entre autres choses, de cette stigmatisation pour légitimer leur présence aux yeux du gouvernement national et des organismes internationaux. »
Les sites miniers artisanaux ne génèrent en effet que peu de revenus pour le gouvernement à Kinshasa, qui préfère passer des accords avec les compagnies industrielles étrangères en position de force car capables de prouver plus facilement que leurs minerais ne financent pas des groupes rebelles. Pourtant, l’industrialisation des sites miniers n’est pas une solution : selon un rapport de la commission Justice et Paix, peu de Congolais sont employés dans le secteur industriel et à un plus bas salaire. De plus, ils sont parfois expropriés dans des maisons construites à la va-vite, ces citoyens étant peu protégés par leur gouvernement (voir article : « Les femmes, doubles perdantes du conflit foncier ? »). « Certains n’ont que cette colline comme patrimoine dans la vie : on déracine l’homme de toute son histoire, dénonce Solange Lusiku. L’État doit voir dans quelle mesure laisser les espaces artisanaux ou les professionnaliser. »

Soutenir l’activité artisanale

De plus, si les femmes s’impliquent dans l’industrie minière artisanale, c’est principalement à cause de la pauvreté et de l’absence d’autres possibilités d’emploi : il s’agit d’une véritable économie de survie. Pourtant, les mesures prises à ce jour ne se concentrent pas sur le développement des femmes dans le secteur minier artisanal. Les ONG et les autorités créent surtout des programmes de reconversion ou des lois à double tranchant. Ainsi, l’une des conditions pour qu’un site minier soit reconnu comme « propre » par le gouvernement congolais est l’absence de femmes enceintes travaillant dans la mine (notamment à cause d’un risque d’exposition aux vapeurs de mercure, utilisé pour amalgamer l’or). Législation louable mais, pour Rose Bashwira, utilisée de façon abusive pour exclure complètement les femmes enceintes des sites miniers, voire les femmes donnant le sein, quel que soit leur travail dans la carrière, ce qui joue finalement contre les intérêts de celles-ci.
Si l’industrialisation des sites miniers n’est pas une solution, fermer les sites artisanaux sous couvert d’une lutte, certes légitime, contre les conditions de travail déplorables ou soutenir l’exclusion des femmes des sites miniers comme la meilleure stratégie pour les protéger contre la violence sexuelle ne le sont pas non plus. Thèse que soutient Rose Bashwira : « Fermer n’est pas une solution. Beaucoup de mineurs veulent rester dans ce secteur. Il faut intégrer des améliorations et des conditions. » Au lieu de se focaliser sur la transparence des recettes et des compagnies industrielles, il est urgent de travailler pour le bien-être des mineurs artisanaux sans les priver de ce qui constitue souvent leur unique source de revenus. De même, il est important de reconnaître la diversité des femmes travaillant dans les mines et de renforcer leur statut et leur rôle à l’intérieur de ce secteur : piliers de l’économie informelle, elles peuvent également être vecteurs de progrès dans les processus d’égalité et de paix.

Alix Buron

Entrepreneurs miniers : les femmes creusent leur place
Le secteur minier artisanal est relativement aisé à intégrer et procure aux femmes des opportunités économiques qu’elles ne pourraient trouver ailleurs. Si elles n’ont généralement accès qu’aux petits boulots les moins rémunérés et sont exposées à une grande précarité, certaines femmes parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu. Ainsi, certaines sont devenues présidentes d’associations de creuseurs, propriétaires de puits miniers, négociantes ou même gestionnaires de mines. Selon un rapport pour le programme des Nations Unies pour l’Environnement, une gestionnaire de mine aurait banni le travail des enfants, et, dans certaines mines de diamants, seules les femmes, considérées comme plus honnêtes, auraient le droit de toucher aux pierres. À Nyabibwe, au Sud Kivu, shashulere est le nom donné aux femmes jouant les intermédiaires entre les négociants et les creuseurs : un travail crucial et pourtant considéré comme une pratique illégale par le gouvernement, notamment pour des questions de traçabilité. Pour négocier la reconnaissance de leur activité, les shashulere ont créé leur propre organisation et formé des alliances politiques : un exemple fort de femmes-actrices, bien décidées à faire valoir leur place dans le secteur des mines artisanales.
A.B.

Les « Twangaises », ces femmes pileuses de pierres

Au Sud-Kivu, province de l’est de la République démocratique du Congo, les femmes, souvent contraintes de quitter leurs villages du fait de l’insécurité et de la précarité, n’ont souvent d’autre choix que de travailler dans les mines. Les « twangaises » – de kutwanga, piler, en swahili – pilent, cassent et broient les pierres afin d’en retirer de l’or et autres matières précieuses comme la cassitérite et le coltan, dans des conditions de précarité et de violence insoupçonnées. C’est leur histoire que nous allons raconter.

D’après un rapport de la Confédération syndicale internationale (CSI), on estime que, de manière générale, les femmes représentent entre 30 % et 50 % de la population totale dans les sites d’extraction minière en RDC. Ce même rapport nous explique que « les femmes prennent rarement part aux activités minières proprement dites, mais sont souvent assignées à des tâches secondaires harassantes telles que le transport à la main ou le traitement de la matière première. Les femmes fournissent également des services allant de la vente de boissons alcoolisées, d’aliments ou de savon à la prostitution. » Comme en témoigne Mbilizi, une twangaise : « Pour survivre, je n’ai pas de choix, je suis obligée de broyer chaque jour un “loutra” (mesure de pierre), voire un et demi. » Ce rapport déclare également que « la discrimination à l’encontre des femmes dérive des perceptions culturelles de ce qui constitue un travail acceptable pour ces femmes, mais également de croyances selon lesquelles la présence de femmes dans les mines aurait une incidence négative sur la quantité de minerai extrait »
. Cette relégation des femmes à des rôles secondaires et mal payés va à l’encontre du droit congolais. En effet, comme l’indique l’article 14 de la Constitution du Congo, les hommes et les femmes ont des droits identiques à l’accès au travail : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation […]. » Pourtant, les choix professionnels des femmes travaillant dans les cités minières sont singulièrement limités.

L’or et la misère

Une étude du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) montre que les salaires dans le secteur minier au Sud-Kivu tendent à être inférieurs à ceux des autres provinces. La situation des femmes est encore plus complexe : les twangaises qui broient les roches sont payées à la fin de la journée par les mineurs qui les ont recrutées. Leur salaire dépend du bon vouloir des hommes. Si elles ont joué de malchance et n’ont broyé que des roches ne produisant que peu ou pas de poussière d’or, elles ne reçoivent que très peu d’argent. «  Des fois, nous travaillons, mais si le patron ne trouve pas d’or dans la poudre, il ne nous paye pas... C’est aussi une question de chance », déclare une autre twangaise. En général, les femmes sont bien moins payées que les hommes pour le même travail. De plus, la plupart de ces femmes sont exposées à des problèmes de toux, des douleurs abdominales et ont les mains abîmées. Elles souffrent également de maladies pulmonaires. « Je sais bien que ma santé est en danger. Souvent, je ressens des douleurs internes, je suis fatiguée. Mais, je ne dispose pas de moyens pour me faire soigner », déplore Francine Mawazo.

De la mine à la prostitution

Outre ces conditions financières et sanitaires précaires, les femmes sont exposées à des violences sexuelles ou à la violence basée sur le genre. D’après l’organisation mondiale de la santé (OMS), on entend par violence sexuelle et violence basée sur le genre « le viol et la tentative de viol, mais également les agressions sexuelles, l’exploitation sexuelle, le mariage précoce forcé, la violence domestique, le viol marital et la mutilation génitale féminine ». Dans la cité minière, la prostitution est devenue une des principales sources de revenus pour les femmes et les filles qui sont contraintes de se prostituer en raison de leur salaire de misère. « Nous sommes venues pour trouver les moyens de vivre dans ce site. Nous n’avons ni bêche, ni marteau ; nous donnons ce que nous avons », explique une femme.
Par ailleurs, il existe dans le secteur minier un nombre important de mariages forcés. D’après le rapport de la CSI, les « mariages de la mine » (décrits comme « des alliances temporaires entre un homme travaillant dans les mines et une femme qui en échange d’une partie des revenus miniers de l’homme, est disposée à offrir ses services sexuels et à s’occuper de l’alimentation ») sont également fréquents. Dans un rapport réalisé par Free the Slave, une jeune fille témoigne : « Les soldats sont venus et nous ont arraché nos vêtements. Ils nous ont emmenées avec eux dans la forêt. Ils sont devenu nos “maris” juste parce qu’ils avaient eu un rapport sexuel avec nous. » Les rapports sexuels n’étant que rarement protégés, le risque de contracter des maladies sexuellement transmissibles est élevé dans ce secteur. Il en résulte que les grossesses et les abandons d’enfants sont fréquents. Pascal Kissi Fikiri, directeur de nursing au sein de l’hôpital général de référence de Kamituga, explique : « Les consultations prénatales ainsi que les accouchements enregistrés dans la tranche d’âge de 14 à 20 ans représentent plus de 80 % des personnes concernées. Les filles de cet âge sont exposées aux grossesses indésirables dont, souvent, les auteurs nient la responsabilité. »

De la prostitution à la rédemption

Sylvain-Dominique Akilimali, journaliste au Souverain, mensuel indépendant édité à Bukavu, explique qu’une alternative envisageable à ce problème serait que les femmes s’adonnent à l’agriculture, d’autant que la production agricole redevient abondante depuis quelque temps. Mais ce travail demande une perspective à long terme et la peur de l’engagement dans le temps fait vivre dans l’inquiétude. « Quelquefois, nous essayons de combiner nos travaux de “twangaises” avec l’agriculture. Mais le travail des champs demande une longue attente. Alors que nous vivons au taux du jour », raconte Eliza Kubota.
Certaines femmes sentent le besoin d’agir face à leur situation dans les mines, elles se lancent alors dans l’apprentissage de différents métiers (voir article : « Ces femmes qui veulent sortir des mines »), s’émancipent en gérant leur argent de la meilleure façon possible (voir article : « Les femmes : vecteurs du développement des mines congolaises ? »), ou se révoltent contre les multinationales qui s’implantent sur le territoire congolais (voir article « Les femmes congolaises, doubles perdantes du conflit foncier ? »). Ces formes d’émancipation sont racontées dans les articles suivants.

Clémentine Scheppens

Références :
– Confédération syndicale internationale (CSI), « Violence en RDC », novembre 2011, http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/ituc_violence_rdc_fr_lr.pdf, consulté le 09/11/2014.
– Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), « Artisanal mining and post-conflict reconstruction in the Democratic Republic of Congo », octobre 2009. http://books.sipri.org/files/misc/SIPRIBP0910b.pdf, consulté le 05/11/2014.
– Free the Slave (FTS), « Le rapport Congo, l’esclavage dans les minerais du conflit », juin 2011, https://www.freetheslaves.net/document.doc?id=256, consulté le 04/11/2014.

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Par Hugues Dorzée

Julien Truddaïu est chargé de projet au sein de l’ONG Coopération éducation culture (CEC) qui organise l’exposition « Notre Congo / Onze Congo » qui se tient (...)

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Pierre Dulaine, un gentleman
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