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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

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Publié dans notre magazine n°109 - mai & juin 2015

LE PAYS PETIT
La chronique de Claude Semal, auteur-compositeur, comédien et écrivain

Pourquoi je me convertis à l’Islam
(ce soir)

Quand quatre millions de Français sont descendus dans la rue, après les attentats criminels contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Versailles, certains ont estimé que ce « sursaut républicain » et « l’esprit du 11 janvier » allaient faire reculer le Front national. Je n’y ai pas cru une seconde.
J’ai pensé, au contraire, que ces actes terroristes, commis « au nom du Prophète », allaient nourrir un peu plus la peur de l’Islam, et gonfler ainsi, mécaniquement, la vague bleu Marine. C’est, hélas, ce qui s’est passé.
Depuis les élections départementales, le FN est ainsi devenu le second parti de France, en s’enracinant dans des campagnes qui n’ont pourtant jamais vu ni une datte, ni une couscoussière.
A défaut de faire peur, l’Islam fait vendre du papier. Voyez la couverture du Vif-L’Express du 6 mars dernier : « Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage ». En otage, oufti ! Tu la sens, sur ta nuque, ma grosse kalach’ barbue ? Alors… Comment ils l’ont prise, la Belgique ? Je n’en sais fichtre rien !
Car rien, dans ce long article signé Marie-Cécile Royen, ne vient nourrir ou expliquer ce titre. Le seul « Frère musulman » belge nommé est un « converti », Michael Privot, qui affirme avoir pris ses distances avec la « confrérie ». C’est qu’ils sont difficiles à démasquer, les bougres.
Car l’arabe est fourbe et dissimulateur, c’est bien connu [1].
S’il s’habille en jeans ou en costume trois pièces, en tenant des propos modérés, c’est pour mieux camoufler son intégrisme [2]. Ce qui n’empêche pas Le Vif de nous présenter, sans autre explication, une quinzaine d’associations musulmanes comme étant « l’infrastructure des Frères musulmans ». J’espère que la Sûreté de l’Etat sait pourquoi.
Quinze jours plus tard, c’est M… Belgique, un hebdo où je tiens chronique, qui titrait en une sur « Les bigots de la gauche complexée ». Philippe Brewaeys y instruit le procès d’une quinzaine de personnalités de gauche, toutes coupables, selon lui, d’une criminelle (ou imbécile) complaisance vis-à-vis de l’islamisme.
A côté de Garaudy, le gaga de service, on retrouve Edwy Plenel, qui vient de publier Pour les musulmans aux éditions La Découverte, Zakia Khattabi, la nouvelle coprésidente d’Ecolo, ou quelques vieux copains à moi, comme Marc Jacquemain, Henri Goldman et Irène Kaufer. Coupables de quoi, au fait ?
L’acte d’accusation est ainsi résumé par Claude Demelenne, interviewé dans le même numéro : « Certains ex-gauchistes n’ont rien appris de l’Histoire. Ils nient ou sous-estiment le danger du totalitarisme islamiste, la principale menace du 21e siècle. »
Le cadre de « pensée » est ainsi posé. L’islamisme, c’est le nouveau fascisme. Brewaeys et Demelenne, les nouveaux résistants. Les autres, des collabos. Des traîtres, quoi. Qu’on les fusille !
Dans le lot, mon amie Irène, qui se retrouve avec Marc et Henri dans le « think tank » Tayush, est élégamment présentée comme une « militante féministe et lesbienne de longue date » (?). Or imaginer, une seule seconde, que cette (effectivement) militante, féministe, syndicaliste, épicurienne, juive et laïque, puisse avoir la moindre complaisance pour un islam radical, archaïque et machiste, est tout simplement ridicule.
Si elle dialogue avec des musulman(e)s, c’est sans doute qu’elle est, comme moi, allergique à cette « communautarisation des esprits » qui, en repliant chaque communauté sur ses dogmes et ses certitudes, ne prépare jamais que les prochaines guerres de 14-18 et les autres Barthélemy.
En attendant, c’est le Front national qui fait 40 % dans le Gard. Pas un parti islamiste.
Bon, après tout, je m’en tape. Je viens de découvrir que « semal  » était presque l’anagramme de « islam ». Or, « Dieu guide qui il veut vers la lumière » (le Coran, al-Nûr, XXIV, 35). J’ai été guidé (merci, Irène). Je cours acheter un Coran au Cora, et je vais me taper une camomille et quelques versets avant d’aller dormir.
C’est par où, encore, La Mecque ?

Claude Semal

[1Merci de bien vouloir prendre cette phrase au second degré.

[2Sur son blog, Henri Goldman a écrit une amusante parodie de cet article : blogs.politique.eu.org.

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