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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

Publié dans notre magazine n°110 - juillet & août 2015

Grand entretien

Michel Onfray
« Vivre le temps des astres,
plus que celui des chronomètres »


Jean-Luc Bertini/Flammarion

Fidèle à sa ligne épicurienne et athée, le philosophe français nous invite, dans son dernier ouvrage, « à revenir au cosmos pour dépasser le nihilisme ». Une philosophie de la nature et du bonheur, qui nous entraîne au plus près des mouvements du monde. Entretien avec un intellectuel libertaire et polémiste, quelquefois cynique et désabusé.

Dans Cosmos, son dernier ouvrage, Michel Onfray nous emmène pendant 500 pages sur des sentiers multiples où il est question, en vrac, de notre « destin de mammifère », de la tauromachie, de l’histoire du vin, du végétarisme, des cycles des saisons, de la religion « pourvoyeuse d’arrière-mondes », de l’intelligence des plantes… Une encyclopédie passionnante, à la fois philosophique et poétique, qui nous propose « d’habiter densément l’instant présent » et le monde qui nous entoure. Entretien avec un penseur porté par des « pulsions de vivre ».

Michel Onfray, vous avez écrit plus de 80 livres (des traités de philosophie, des haïkus, des récits de voyage, entre autres) sur nombre de sujets (la psychanalyse, Camus, le cynisme, Freud, etc.). Cosmos, qui propose une « philosophie de la nature », vous le défendez comme le « premier » de tous vos ouvrages. Un livre hommage à votre père décédé en 2014, un homme « à la vie debout, à la parole pleine, à la richesse d’une sagesse vécue ». Pourquoi n’avez-vous pas éprouvé l’envie (ou le besoin) de lui rendre hommage plus tôt, de son vivant ?
Difficile de dire cela, car j’ai publié Le corps de mon père dans une revue il y a une vingtaine d’années, le texte a été repris dans Le désir d’être un volcan en 2008. Il est également paru chez un éditeur scolaire avec illustrations et annotations pour les collégiens. Il a encore été mis en scène de son vivant en Avignon, dans le cadre du « off », par Antoine Bourseiller, avec une affiche originale de Vladimir Velikovic. J’ai aussi effectué un voyage en Terre de Baffin avec mon père qui a donné lieu à un livre en 2002, Esthétique du pôle Nord. Et je lui avais déjà rendu hommage dans la préface à La raison gourmande qui date de 1995…

La recherche du plaisir et la puissance d’exister sont au coeur de ce livre qui s’inscrit dans le droit fil de votre pensée à la fois athée, matérialiste et faisant la part belle aux sciences. Est-ce cette confrontation avec la mort, face à laquelle la philosophie elle-même « semble bien pauvre en consolations véritablement efficaces », qui vous rend plus épicurien que jamais ?
Le temps qui passe, donc, oui, le vieillissement de mes parents, celui de mon père, plus âgé que ma mère, sa mort, puis la maladie de ma compagne, un cancer qui dure treize années et l’emporte en août il y a deux ans, mon propre vieillissement, la mort de ceux qui autour de moi ont été les personnes avec lesquelles j’ai vécu mes jeunes années. Le cycle naturel de la vie impose son rythme à la pensée : l’hédonisme est plus positif en début d’existence, avec la recherche active du plaisir, plus négatif ensuite, avec la recherche de l’évitement des déplaisirs. L’épicurisme est une sagesse qui convient pour tous les âges de la vie : modération de la fougue dans la jeunesse, arithmétique des plaisirs une fois la jeunesse passée.

Votre père était ouvrier agricole. Il vous a transmis ce précieux rapport au cosmos (lire les étoiles, sentir les saisons…). C’est une chance et une opportunité. Mais nous ne naissons pas tous égaux face à la compréhension de la nature. Que préconisez- vous pour ces enfants des cités, issus d’un milieu populaire qui, malgré eux, grandissent « dans le béton et le bitume » ?
En effet, c’est une chance que peu d’enfants ont désormais depuis que la France s’est urbanisée. Jadis l’école (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien (4 pages) dans notre magazine.

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