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Agir


Publié dans notre magazine n°Agir

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Publié dans notre magazine n°112 - novembre & décembre 2015

Reportage

Inde :
libérées par le travail

Poids des traditions, patriarcat, violences domestiques… En Inde, le sort des femmes n’est pas toujours enviable. Pour aider celles-ci à acquérir un statut social et une autonomie financière, le secteur du commerce équitable travaille à leurs côtés. A l’invitation d’Oxfam Magasins du Monde, Imagine a pu voir les résultats sur le terrain.

En Inde, il ne fait pas bon naître femme. Même si certaines sont nettement mieux loties, les variations d’un Etat à l’autre ou d’une catégorie sociale à l’autre étant fortes, la grande majorité subissent l’« archaïsme social » très présent. « La femme est destinée à être une épouse et une mère, explique Aurélie Leroy, chargée d’étude au CETRI. Comme elle part dans sa belle-famille, elle ne servira pas ses parents : investir en elle est donc considéré comme investir à perte. » La démographie indienne témoigne de la préférence pour les garçons : des petites filles étant avortées ou tuées à la naissance, le pays est à présent en déficit de femmes [1].
« Il y a bien des femmes dans la politique, poursuit la chercheuse, mais elles restent très peu présentes dans le travail. Le gouvernement investit en plus dans des secteurs où elles ne sont que très peu nombreuses. » Résultat : seul un tiers d’entre elles participaient à la vie active en 2012. Le peu de considération dont elles jouissent a des conséquences terribles : beaucoup sont cloîtrées à la maison ; les assassinats et les décès par manque de soins ne sont pas rares, la violence domestique est endémique dans certains endroits.
Les associations qui œuvrent dans le domaine du commerce équitable peuvent faire une vraie différence. A l’invitation d’Oxfam Magasins du Monde dans le cadre de sa campagne Fair- Chances, nous sommes allés voir sur place, dans les régions de Calcutta et New Delhi, le travail de deux importantes organisations, Sasha et Tara. Toutes deux utilisent le vecteur de l’artisanat (deuxième employeur en Inde, beaucoup dans l’informel) pour procurer des revenus aux oubliés de « l’Inde qui brille », mais aussi financer des projets connexes [2].
Les acheteurs indiens de ce type de produits sont rares : les prix nécessairement pratiqués sont trop élevés et seuls 20 % de la population seraient informés de l’existence du fair trade. C’est donc sur les pays du Nord que repose la survie de ces organisations, alors que la crise économique mondiale se fait très nettement sentir, singulièrement dans le secteur artisanal. Tara a ainsi perdu un quart de son chiffre d’affaires ces dernières années.
Conditions de travail sans commune mesure avec le secteur privé ou informel, suppression du travail des enfants (ils étaient 4,98 millions à travailler en 2012 selon le gouvernement, sans doute plus selon les ONG), meilleurs revenus [3], valorisation des personnes : le commerce équitable a des effets positifs évidents. Ils sont décuplés lorsqu’ils portent sur les femmes. Celles-ci acquièrent un peu d’indépendance, du respect, en profitent pour envoyer leurs enfants à l’école et trouvent des espaces de liberté essentiels. Carnet de voyage en terre d’espoir.

Kolaghat : des « âmes joyeuses » à l’atelier

Quelques brèves vues sur une branche du Gange mythique et boueux après une longue route depuis Kolkata, l’ancienne Calcutta. Au détour d’un chemin bordé d’une rizière, nous suivons une jeune fille à vélo jusqu’à une grande bâtisse de béton. Des bicyclettes dans la cour, un scooter à l’entrée : ici se rassemblent chaque jour quelques dizaines de femmes qui viennent coudre et broder. A un bureau, une dame à l’air solennel inspecte les vestes d’hiver réalisées par les couturières concentrées sur leurs machines à pédale. Dans la pièce d’à côté aux murs bleu ciel, les brodeuses assises par terre discutent. « Venir ici et travailler ensemble, c’est vraiment (...)

=> Lire l’intégralité de ce reportage dans notre magazine.

Photos : L.d.H.

[1Le ratio, tout à fait anormal pour les 0-6 ans, est de 914 filles pour 1 000 garçons. Il manquerait 60 millions de femmes.

[2Tout particulièrement pour Tara, dont l’origine est le travail social, le commerce équitable étant un vecteur pour rendre celui-ci possible. Chez Sasha, la création d’ateliers et la commercialisation des produits des artisans sont les bases du mouvement.

[3La hauteur de ceux-ci n’est pas très élevée, mais elle atteint au moins le salaire minimum réglementaire, et le fait d’accéder à un double salaire peut changer bien des choses.

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