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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

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Publié dans notre magazine n°112 - novembre & décembre 2015

Grand entretien

Patrick Viveret :
« Choisir d’être heureux est un acte de résistance politique »

Philosophe, essayiste, altermondialiste, politique » Patrick Viveret est un penseur du bien-vivre, partisan actif de la sobriété heureuse . Du Collectif Roosevelt (qu’il a cofondé) au mouvement Dialogues en humanité, ce passeur et cueilleur d’idées nous invite à (re)penser l’homme dans son rapport à la nature, à lui-même, à autrui et au temps. Conversation avec un intellectuel apaisé.

Un de vos derniers livres, lié au festival Chemin faisant et à ses balades philosophiques au pays du Mont- Blanc, est intitulé Le bonheur en marche. Pensez-vous que le bonheur collectif soit réellement en marche ? Ne sommes-nous pas, au contraire, dans un monde aux antipodes de cette idée de satisfaction partagée, d’équilibre et d’harmonie ?
– Nous sommes, à mon avis, dans une période intermédiaire très bien décrite par l’écrivain et théoricien politique Antonio Gramsci : une phase où le vieux monde tarde à disparaître et le nouveau monde tarde à naître. « Et dans ce clair-obscur, ajoutait-il, des monstres peuvent apparaître. »

Un clair-obscur ?
– Oui, un temps charnière où se joue une bonne partie du devenir du frater, entendu dans le sens originel de « famille humaine », où l’humanité peut très bien se perdre. On peut même affirmer qu’elle a l’embarras du choix quant à la façon d’en terminer avec sa brève histoire au sein de l’univers : elle peut détruire ses écosystèmes, exploser socialement sous l’effet du cocktail explosif de l’humiliation et de la misère, s’autodétruire à l’aide d’armes de destruction massive, entrer dans des logiques de guerre de civilisation… Ça, c’est pour la partie sombre. Et puis il y a la partie lumineuse. C’est la phrase du poète Hölderlin : « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. »

« Un nouveau monde est en pleine germination »

On voit aujourd’hui émerger une prise de conscience planétaire d’une destinée commune, une volonté de préserver les biens fondamentaux de l’humanité. On le constate, par exemple, avec la formidable mobilisation qui s’annonce autour de la Conférence de Paris sur le climat. Mais il y en a bien d’autres.
Ce saut qualitatif vers une plus grande humanisation, l’idée selon laquelle nous sommes un seul peuple sur une seule Terre et qu’il n’y a pas de planète de rechange, tous ces éléments vont dans un sens positif qui s’appuient, de surcroît, sur une formidable créativité.
Ce « nouveau monde » dont parle Gramsci est en pleine germination. Mais pour le voir, il faut évidemment chausser d’autres lunettes que celles des médias dominants qui font dans la sinistrose.

Comme votre collègue Edgar Morin, vous refusez d’utiliser le mot « crise ». Pourquoi ?
– Parce que ce terme de « crise » joue un rôle d’écran par rapport à deux réalités essentielles qui nous empêchent fondamentalement de penser. D’un côté, nous sommes face à ce que l’économiste hongrois Karl Polanyi a appelé la « grande transformation », une immense mutation qui se déroule là, sous nos yeux.
De l’autre côté, nous sommes face à une énorme extorsion. C’est l’hypercapitalisme qui, depuis une quarantaine d’années, a opéré un transfert massif des revenus du travail vers le revenu du capital. Aujourd’hui, ce sont pas moins de 4 000 milliards de dollars qui s’échangent chaque jour sur les marchés financiers. Et la part qui correspond à des biens et des services effectifs, c’est-à-dire l’économie réelle par rapport à l’économie spéculative, représente à peine 2 %. Au final, cette pensée de la crise est incapable de rendre compte exactement de la nature de cette mutation/extorsion.

Il faut donc déconstruire cette pensée de la crise.
– Oui. Parce qu’elle renvoie à une sorte de fatalité. On l’utilise à tout bout de champ pour justifier des programmes d’austérité, le creusement des inégalités sociales…
Or, pour surmonter les immenses défis sociaux et écologiques, nous avons besoin (...)

=> Lire l’intégralité de cet entretien dans notre magazine.

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