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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

Publié dans notre magazine n°112 - novembre & décembre 2015

Culture

Manuel Hermia :
Le jazz(man) libertaire

Le saxophoniste Manu Hermia est une pointure du jazz belge, mais aussi un grand voyageur qui pratique, avec bonheur et intelligence, une musique métissée. Citoyen engagé, il s’inquiète de l’état du monde et use de son art pour nous mobiliser. La preuve avec Austerity, son dernier album.


Maël G.Lagadec

Je suis allé jouer en Grèce et quand j’ai vu tous ces gens qui se retrouvaient à la rue alors qu’hier encore leur vie était tout à fait normale, j’ai eu envie de renouer avec l’art du cri. » Le cri de Manu Hermia, saxophoniste et joueur, entre autres instruments, de bansurî, une longue flûte indienne, c’est naturellement par la musique qu’il passe. Cette fois, sur Austerity, son dernier album, il a choisi de se tourner vers le free jazz, une musique de révolte par excellence. « Je préfère dire jazz libertaire, plaisante le musicien, parce que le free jazz fait peur, tout le monde croit que c’est du bruit. Ce qui n’est pas vrai, car la liberté ne s’entend pas forcément. Cette musique est née dans les années 60 avec le Black Power, mais c’est une musique universelle. »
Pour le jazzman belge, la musique ne se limite pas à une succession de sons, elle doit entrer en résonance avec d’autres dimensions, notamment politiques. « Quand, même devant un public de jazz “classique”, on lui explique que l’on va se lâcher un peu, crier et dire qu’on ne se laissera pas faire, à la fin du concert tout le monde est debout. Le public perçoit très bien le sens de la démarche. »
Les deux autres musiciens du Manuel Hermia Trio sont italien (Manolo Cabras) et portugais (Joao Lobo) et viennent donc de pays très concernés par l’austérité européenne. « Nous avions envie de faire sortir notre rage, poursuit-il. Au bout du compte, quelle est la fonction de l’artiste ? C’est aussi de porter un autre regard sur les choses, de servir de révélateur par rapport à ce qui se passe autour de nous. Dans la nature, il n’y a pas besoin d’art, car la beauté est là, sous nos yeux. Mais dans nos vies en société, en ville, nous devons créer de la beauté. »

« Je suis né à 29 ans »
La musique, Manu Hermia l’a rencontrée de façon quasi accidentelle, lorsqu’il était enfant, à l’occasion d’une inscription au solfège et au cours de clarinette de l’Académie. « Ma mère pense que j’ai choisi la clarinette à l’époque parce que nous écoutions beaucoup Pierre et le Loup. C’était la clarinette qui représentait le chat… » Son beau-père possède plusieurs milliers de 33 tours de jazz, avec une belle collection de free jazz. « J’allais écouter Sun Ra ou Archie Shepp, en concert dans une salle près des Halles Saint-Géry. Ça m’a évidemment marqué. » Adolescent, Manu apprend le saxo en autodidacte et participe à des stages à l’Académie d’été de Libramont. « J’adorais faire (...)

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