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Publié dans notre magazine n°113 - janvier & février 2016

Philocité

Le pouvoir des mots

Que veut dire « moderniser les services publics », « dégraisser » une entreprise ou « remercier » quelqu’un ? On parle de « bavure policière » ou de « frappe chirurgicale » pour atténuer des faits graves, mais on parle aussi de « prise d’otage » ou de « lynchage » pour donner plus de poids à des faits bénins. Quelles réalités sont ainsi adoucies, tandis que d’autres sont dramatisées par le choix des mots ?

Le langage n’est pas neutre, il est connoté et présente certaines réalités sous des angles favorables, d’autres sous leurs pires atours. Selon que vous nommez votre partenaire de vie « ma douce », « mon cher et tendre », le « gouvernement » ou « maman », vous ne dites pas tout à fait la même chose. Et pourtant vous vous référez bien à la même personne. Les linguistes disent que le langage ne fait pas que dénoter le réel, il le connote aussi, positivement ou négativement. C’est assez clair quand on parle d’un « bolide » ou d’une « caisse à savon », mais êtes-vous de la même façon attentifs aux connotations du langage des médias ou des hommes politiques, où intervient souvent un double système d’euphémisation ou à l’inverse d’hyperbolisation de certaines réalités ? C’est pourtant ainsi que peuvent être mises en circulation des conceptions idéologiques qui rendent toute contestation plus difficile.
Un policier abat un jeune homme en fuite d’une balle dans le dos : c’est une « bavure ». La police cogne sur des manifestants : ce n’est qu’une « intervention musclée ». Une entreprise organise un licenciement collectif  : c’est un « plan social » ou, plus fort encore, un « plan de sauvegarde de l’emploi ».
Le droit du travail, la protection sociale et les services publics sont démantelés, on parle de « réforme », de « modernisation », de « réorganisation » ou d’« assouplissement  ». L’injustice sociale est réduite à un « malaise » ou un « mal-être ». Les quartiers populaires sont rebaptisés « quartiers sensibles » ou « zones de non-droit » et les révoltes deviennent des « violences urbaines  », justiciables d’un traitement strictement policier et non sociopolitique. Dans les entreprises, on masque les rapports hiérarchiques en appelant ses subordonnés des « collègues » ou des « collaborateurs », les directrices deviennent des « coordinatrices  ». On n’oppose plus les « patrons » aux « ouvriers », on ne parle plus de « luttes syndicales », mais de « dialogue social ».
Demandez-vous quels sont les effets de ces euphémisations. L’inégalité et l’injustice sont gommées, la violence des puissants est effacée, le discours de lutte sociale est (...)

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