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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

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Publié dans notre magazine n°113 - janvier & février 2016

Grand entretien

François De Smet :
« L’homme a toujours été un nomade »

Philosophe et collaborateur à l’ULB, François De Smet dirige le Centre fédéral Migration (Myria) depuis mars 2015. Confronté en première ligne à la plus grande crise humanitaire de l’après-guerre, ce penseur laïque et adepte des Lumières, lauréat du Prix du livre politique 2015 avec La marche des ombres, fustige les politiques migratoires « élaborées à reculons » et rappelle combien l’arrivée de réfugiés est une « opportunité à saisir ».

De tout temps, l’homme n’a cessé de migrer. Au cours de sa longue histoire, le nomadisme a même été son mode de vie principal.
Les migrations sont effectivement constitutives de l’humanité. Au cours de son histoire, l’homme n’a cessé de bouger pour vivre mieux ou tout simplement pour survivre. Il n’est devenu sédentaire que depuis 10 000 ans à peine, depuis qu’il a réussi à domestiquer les plantes et les animaux, autour de l’élevage et de l’agriculture. Ses déplacements ont par ailleurs été fortement conditionnés par une série de changements climatiques.
Sur le plan anthropologique, l’homme est une espèce dotée de bras et de jambes, en perpétuel mouvement. Il y a un nomade qui sommeille toujours en lui. Croire que l’on pourra un jour mettre fin aux migrations est illusoire. Par ailleurs, l’homme est aussi un être sédentaire, qui a besoin de se poser, de trouver un lieu de paix, de sécurité et de prospérité. L’idéal serait un monde où chacun pourrait migrer sans y être forcé. Mais on en est encore loin.

En plus d’être un perpétuel migrant, l’homme est également un éternel métis.
En effet, c’est une créature en perpétuelle évolution. En même temps, nous vivons avec l’idée que les traits qui nous constituent sont figés, éternels. Or ceux-ci sont toujours le fruit d’un métissage. On a découvert il n’y a pas si longtemps que la peau blanche aurait entre 8 000 et 10 000 ans. C’est amusant à une époque où certains voudraient en refaire une race. Rien ne dit que les couleurs de peau dans 20 000 ans auront encore quelque chose à voir avec celles que l’on connaît aujourd’hui. Le français que l’on parle actuellement ne sera plus le même dans 400 ou 500 ans. C’est dans l’ordre des choses, mais c’est difficile à accepter, car cela nous renvoie à la contingence et à la finitude de toute chose, donc à nous-même.
Freud disait que l’homme a connu une triple humiliation. La première, c’est quand il a compris qu’il n’était plus le centre de l’univers, avec Copernic. La deuxième, c’est quand il a compris qu’il n’était plus le centre de la création, avec Darwin. Et la troisième, modestement dit Freud, c’est quand j’ai amené l’idée qu’il n’était même plus maître de lui-même, en élaborant la théorie de l’inconscient, le ça, le moi et le surmoi.
Au final, oui, nous sommes tous issus des mêmes primates, de la même région d’Afrique de l’Est, avant que l’homme n’essaime partout dans le monde. Et cette réalité devrait nous amener à un peu plus d’humilité et de compréhension par rapport aux questions migratoires. En même temps, il ne faut pas nier qu’il (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

Photo : D.R.

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