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Enquête :
les syndicats entre vents et marées

A la veille des élections sociales fixées du 9 au 22 mai, les temps sont durs pour les syndicats. Confrontés à un gouvernement fédéral hostile, dénigrés dans les médias et dans l’opinion, traversés par des tensions internes, ils font face. Mais que pèsent exactement les organisations syndicales en Belgique ? Sont-elles encore en mesure d’influencer les décisions politiques ? Quel avenir pour cet indispensable contre-pouvoir ? Imagine a mené l’enquête.

« Lutter ou subir, il faut choisir » : l’immense calicot affiché ce matin-là à l’entrée de la gare de Liège est éloquent. Ce 6 janvier, une large majorité des cheminots… francophones ont choisi leur camp : ce sera celui de la « lutte ». La grève menée en front commun par la CGSP et la CSC est d’ailleurs un succès : pas un train ne circule. « Non, le syndicat n’est pas mort ! », proclame Thierry Moers, secrétaire permanent CGSP. « Le gouvernement veut casser la solidarité, nous affaiblir et imposer une concertation de façade ? Nous ne céderons pas ! », ajoute Marc Eyen, permanent régional à la CSC-Transcom.
Mais derrière les mines réjouies, l’heure est aussi aux doutes et aux critiques : « Depuis l’automne 2014, peste Frédéric Gillot, ex-délégué FGTB chez ArcelorMittal et député wallon PTB venu soutenir les camarades, on n’a rien engrangé. On manque d’une vision globale, d’un objectif commun. Il faut repartir de la base et relancer le combat. »
Avec une série d’actions fin octobre, 110 000 personnes dans les rues le 6 novembre, une grève générale le 15 décembre, la fin d’année 2014 fut effectivement synonyme de succès pour les trois organisations (FGTB, CSC, CGSLB). « Ce sont les attentats contre Charlie Hebdo survenus dans la foulée (le 7 janvier) qui ont clairement sauvé le gouvernement Michel », analyse Paul Lootens, président sortant de la Centrale générale FGTB. Jusque-là, on avait un mouvement massif, déterminé, une opinion publique à nos côtés, et soudain tout a basculé. On est entré dans une logique d’unité nationale et d’obsession sécuritaire. »
Dans la foulée, la FGTB rejette l’accord social du Groupe des 10, la CSC l’approuve à une courte majorité (52 %), la CGSLB suit. Le front commun se lézarde. La mobilisation retombe alors comme un soufflé.

« Une grosse crise de confiance »
Saut d’index, allongement des carrières, réforme fiscale, exclusions du chômage… « Le gouvernement est passé en force partout et on ne nous écoute plus », se désole Mario Coppens, président du syndicat libéral. « Jusqu’ici, on était dans un cadre clair, historique, celui de la concertation sociale, dénonce Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la CNE. Ils ont désormais changé les règles : c’est comme si on jouait encore aux échecs et qu’ils étaient passés au karaté ! » Ce fameux « modèle belge » qui, comme le rappelle Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, a apporté depuis des décennies « la prospérité et la stabilité », a désormais du plomb dans l’aile.
Les mois passent, et face à « ce gouvernement de la rupture et à la solde du patronat », dixit Jean-François Tamellini, secrétaire fédéral FGTB, les syndicats peinent à faire entendre leur voix. Ils ont pour eux le poids du nombre (3,488 millions d’affiliés en 2014, selon les derniers chiffres obtenus par Imagine), une présence massive dans les entreprises et dans les organes d’avis (Onem, Inami, CNT…), des relais politiques au sein de chaque pilier (socialiste, chrétien, libéral), un énorme travail de terrain, mais cela ne (...)

=> Télécharger ici l’intégralité de cette enquête avec :
- les derniers chiffres non publiés concernant les affiliés de la CSC, de la FGTB et de la CGSLB, ainsi que leurs profils ;
- le cadastre inédit des différentes galaxies juridiques et financières ;
- une longue analyse intitulée « Pourquoi les syndicats sont devenus moins forts » ;
- les syndicats en tant qu’organismes de paiement des allocations de chômage : ce que ça coûte vraiment ;
- les 6 grands défis pour le syndicalisme de demain ;
- quelques exemples d’innovations syndicales.

=> Lire par ailleurs notre article « Chronique d’une grève : infos et intox »

Photo : Bruno Devoghel

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