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Prendre le temps


Grand entretien

Michel Claise :
« C’est désormais
le pouvoir financier
qui domine le monde »

Il a inculpé le patron d’UBS Belgique pour un scandale d’évasion fiscale, il a mis en détention Luc Vansteenkiste, ancien président de la FEB, et plus récemment l’ex-ministre MR Serge Kubla. Le juge d’instruction Michel Claise n’a pas froid aux yeux. Il n’a pas non plus sa langue en poche. Et vient de sortir un livre détonant sur la criminalité financière.

Ce n’est pas dans son bureau, attenant au palais de justice de Bruxelles, que Michel Claise nous reçoit, par un matin ensoleillé de janvier. S’il ne craint pas de s’exposer publiquement pour dénoncer les dysfonctionnements du système judiciaire, le magistrat reste discret quand il s’agit de ses dossiers. Il n’en parle pour ainsi dire « jamais ». Et préfère recevoir les journalistes ailleurs que dans ce bureau où ont transpiré à grosses gouttes une flopée de suspects interrogés en une quinzaine d’années de profession.
Il nous emmène donc un peu plus loin, dans un troquet fréquenté par les juges et les avocats, pour une interview à bâtons rompus. La criminalité financière, à laquelle il vient de consacrer un livre, la crise des inégalités, la politique du gouvernement, l’immigration ou la légalisation du cannabis… autant de sujets sur lesquels Michel Claise se montre volubile. Mais des affaires qu’il a traitées, nous ne saurons rien.
Le secret de l’instruction, insiste-t-il, « est un grand principe qui est imposé aux magistrats, et c’est un principe qui est sain. Le problème, c’est que je me retrouve avec des dossiers très médiatisés. Si je pouvais l’éviter, je ferais tout pour cela, d’ailleurs je redoute les dossiers médiatisés. Sans médiatisation, on serait plus indépendant. Malheureusement c’est impossible. Je travaille actuellement sur un dossier extrêmement sensible, personne n’est au courant ».

En France, les magistrats de l’instruction, Eva Joly par exemple, se servent de la presse pour faire avancer leurs dossiers.
C’est peut-être le cas en France, mais pas chez nous. Cela vient sans doute du fait que la justice belge est plus indépendante. D’une certaine manière, pour les magistrats français, l’appui de la presse garantit une forme d’indépendance qu’ils ont perdue vis-à-vis de l’exécutif.

Dans votre livre, vous écrivez qu’un juge d’instruction doit être prêt à subir des pressions. Comment se manifestent ces pressions en Belgique ?
Les pressions politiques, personnellement je n’en ai pas connu, soyons extrêmement clairs à cet égard. Par contre, des incidences politiques dans certains dossiers, il y en a, je le sais. Mais ce n’est pas la règle. Les pressions viennent des contre-stratégies, essentiellement. Le grand problème dans la justice financière, que ce soit en France, en Allemagne, en Belgique, c’est qu’il faut du temps, parce que les dossiers sont complexes et que (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

Photo : Lola Reynaerts

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