article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3

Apprendre


Publié dans notre magazine n°Apprendre

Publié dans notre magazine n°Apprendre

Publié dans notre magazine n°117 - septembre & octobre 2016

Sciences par Pablo Servigne

L’irrépressible désir d’égalité

L’égalité n’est-elle qu’une notion creuse qui sert à orner les frontons des bâtiments publics, ou un solide pilier de la nature humaine ? Des expériences tentent de répondre à cette question, et les résultats sont surprenants…

Adam Smith n’était pas dupe. Dans son fameux livre paru en 1759 et qui s’attache à décrire nos « sentiments moraux », le père des sciences économiques modernes avait bien remarqué notre profonde aversion à l’inégalité. Le désir d’égalité est même l’un des fondements de notre vie en société. Mais d’où vient ce sentiment si profond ?
Prenez ces fameuses expériences économiques où l’on demande à un groupe de personnes de se répartir des biens ou de l’argent. Spontanément, elles le font de manière assez équitable, même entre inconnus, ou lorsque le jeu est
anonyme  ! [1] Mieux, beaucoup de joueurs sont prêts à payer de leur poche pour redistribuer les avoirs de manière plus juste (retirer à ceux qui en ont le plus et donner à ceux qui en ont le moins), ou si les transferts ne sont pas possibles, à punir les mieux servis.
De nombreuses expériences ont aussi montré que la coopération au sein d’un groupe augmentait de manière spectaculaire lorsque le groupe mettait en place des mécanismes qui récompensaient les « altruistes » et qui punissaient les tricheurs et les profiteurs. D’accord, mais quelle est la motivation profonde des personnes qui mettent en place ces règles ? Un désir de punition ? Un désir de voir prospérer l’entraide dans le groupe ? Un simple désir d’égalité ?
En 2007, une équipe de chercheurs coordonnée par Christopher Dawes de l’Université de Californie (USA) a répondu à cette question en montrant que les indignés qui sont prêts à payer pour une redistribution plus égalitaire le font vraiment par besoin d’égalité (et pas pour favoriser l’entraide) [2]. Plus finement, ils montrent que les « corrections » que les joueurs s’infligent est proportionnelle aux niveaux d’inégalités : plus un joueur a été favorisé lors d’une distribution inégale, plus les autres joueurs auront tendance à lui (...)

=> Lire l’intégralité de cette chronique dans notre magazine.

Illustration : Creative Commons

[1J.P. Heinrich et al. Foundations of Human Sociality, Oxford Univ Press, 2004.

[2C.T. Dawes et al. « Egalitarian motives in humans », Nature, n° 446, p. 794-796, 2007.

Autre(s) article(s) sur le même thème :

article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3


Biotechnologies :
Moins humains demain ?

Les technologies contemporaines, les NBIC – nanotechnologies, biotechnologies, informatique et (...)

Lire la suite

Chacun doit prendre ses responsabilités

En politique, assumer des responsabilités est perçu à la fois comme un honneur et comme une (...)

Lire la suite

Grèce :
quand le FMI fait son mea culpa

L’aveu est aussi tardif que détonnant : le FMI a court-circuité ses propres procédures, sous la (...)

Lire la suite

247 millions de consommateurs de drogues dans le monde

Un adulte sur vingt dans le monde a consommé au moins une fois du cannabis, un opiacé, de la (...)

Lire la suite

Couper les ailes
aux fonds vautours

Depuis deux décennies, les pratiques déloyales des fonds vautours leur permettent d’enregistrer de (...)

Lire la suite

Printemps pénal pour la justice internationale

Sale temps pour les despotes africains. Les condamnations, à quelques semaines d’intervalle, du (...)

Lire la suite

Des insectes
pour nourrir l’humanité

Les brochettes de sauterelles, la purée de chenille ou les chips de termites garniront-ils nos (...)

Lire la suite