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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°Prendre le temps

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Publié dans notre magazine n°117 - septembre & octobre 2016

Grand entretien

Jean-Claude Guillebaud :
« Pour que la démocratie fonctionne, il nous faut retrouver le goût de l’avenir »

Ex-grand reporter devenu essayiste, éditeur et chroniqueur, Jean-Claude Guillebaud est aussi un penseur de son temps alerte et incisif. Au départ de son dernier ouvrage, Le Tourment de la guerre, il nous emmène sur les chemins d’une réflexion ouverte autour de la (non-)violence, du terrorisme, de l’état de la presse et des grandes mutations en cours. Conversation avec un intellectuel partisan d’un « optimisme stratégique ».

En tant que fils d’officier, ex-étudiant en droit, antimilitariste et enfant de Mai 68, puis reporter de guerre pendant plus de 25 ans et prix Albert Londres en 1972 pour vos articles sur le Vietnam, ce dernier ouvrage semblait s’imposer à vous.
Oui, il m’attendait au tournant. J’ai trop de liens et de tourments avec la guerre, à la fois professionnels et familiaux, il fallait que je l’aborde de front. Mais il fallait arriver à un certain âge, du recul. Ensuite, je ne voulais pas faire un livre d’ancien combattant du journalisme. J’ai mis une dizaine d’années pour achever ce travail. Et, étrangement, le livre est sorti en janvier dernier, en pleine période où la « guerre », tout à coup, revenait sur notre sol.

Au terme de votre réflexion, vous dites notamment que « la paix n’est pas l’état naturel des sociétés ». On l’avait peut-être un peu trop vite oublié…
Incontestablement. Si l’on excepte les guerres coloniales et celles qui demeurent loin de notre sol, cela fait 70 ans que nous Européens étions en paix. Il faut remonter probablement au 17e siècle pour connaître un intervalle si long entre deux guerres. C’est donc une période inhabituelle. Nous nous sommes éloignés psychiquement et culturellement de la guerre. Nous avons rompu, sans le vouloir et de bonne foi, avec cette tradition selon laquelle toute société est normalement occupée à contenir la guerre, à la limiter, à la réglementer, à réfléchir aux ingrédients de la guerre. C’est tout un art, une réflexion, une science. Malheureusement, notre génération a désappris à penser la guerre. Qui, soudain, insidieusement, est revenue sous deux formes combinées : la guerre classique et la violence terroriste.

Et tout le monde semble comme pris de court.
Oui, ce qui explique les tergiversations, le désarroi, l’incompréhension de nos dirigeants qui ne parviennent toujours pas à comprendre et surtout à trouver une réponse adéquate.

Mais sommes-nous réellement en guerre aujourd’hui ?
Je suis très irrité par l’emploi continuel de cette expression « nous sommes en guerre ». Quand on ajoute, comme souvent, « la 3e guerre mondiale est commencée  », on frôle carrément la bêtise ! C’est idiot et irresponsable. On convoque un imaginaire qui n’a rien à voir, pour ne citer que deux exemples parmi tant d’autres, avec le bombardement de Hambourg qui a fait 50 000 morts en une nuit ou celui de Dresde qui en a fait 130 000 !
Dans son livre Etats de violence : essai sur la fin de la guerre, le philosophe Frédéric Gros proposait une thèse ingénieuse. Pour lui, la guerre au sens territorial du terme est en train de disparaître. Elle est remplacée par des états de violence, une violence disparate, difficile à définir et à contenir, sans troupes organisées, sans front de guerre. C’est ce que l’on vit avec l’explosion du terrorisme. Mais Frédéric Gros n’avait pas prévu que, dans le même temps, la guerre traditionnelle avec des batailles de chars, d’avions, des engins ultrasophistiqués, était, elle aussi de retour, en Syrie, en Irak, au Mali…
Aujourd’hui, nous affrontons ce que les militaires appellent une « asymétrie », ce qui est relativement nouveau.
En face, il y a des gens que la mort indiffère, voire pour qui la mort est souhaitable, alors que nous, nous avons encore l’intelligence de (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

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