article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3

Apprendre


Publié dans notre magazine n°Apprendre

Publié dans notre magazine n°Apprendre

Publié dans notre magazine n°Apprendre

Publié dans notre magazine n°119 - janvier & février 2017

Sciences, par Pablo Servigne

De l’amnésie chronique

Depuis des siècles, l’état du monde se dégrade. Pourtant, chaque nouvelle génération oublie les catastrophes qui l’ont précédée, déplaçant à chaque fois le niveau de référence des populations animales. Le résultat est que plus personne n’a une vision d’ensemble du tableau…


Jim G

Saviez-vous que pour chaque heure passée à pêcher aujourd’hui, dans des bateaux bourrés d’électronique dernier cri, les pêcheurs débarquent seulement 6 % de ce que capturaient leurs ancêtres il y a 120 ans [1] ? Il semble que plus personne n’ait réellement conscience de ce qu’était l’abondance du monde vivant par le passé.

Un « désastre au ralenti »
Ce phénomène très subtil de « glissement » de notre seuil de normalité commence seulement à être pris au sérieux par les écologues. Il a été décrit pour la première fois en 1995 par le biologiste marin canadien Daniel Pauly, qui l’a baptisé syndrome shifting baselines (décalage de référentiel) [2]. Expert mondialement reconnu des pêcheries (des « stocks » de poissons), Pauly explique le problème : « Chaque génération de scientifiques spécialistes de la biologie marine accepte comme référentiel la taille et la composition du stock de poissons qu’il y avait au début de sa carrière, et utilise ce référentiel pour évaluer les changements », en omettant que ce référentiel se décale depuis des siècles. « Nous transformons le monde, mais nous ne nous en souvenons pas », résume-t-il [3].
Ce phénomène existe dans tous les domaines, par exemple dans le fait que l’on s’habitue à ne plus voir de papillons dans les champs durant nos balades du dimanche, ou d’insectes collés à notre pare-brise. Ces deux faits apparemment insignifiants sont en réalité dramatiques (ils témoignent de l’effondrement des populations d’insectes, par ailleurs bien documentés par les entomologistes). Pis encore, ils représenteront la situation normale pour (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

[1C. Roberts, Ocean of Life, Penguin, 2013, p. 41.

[2D. Pauly, « Anecdotes and the shifting baseline syndrome of fisheries », Trends in ecology and evolution, n°10(10), p. 430, 1995.

[3TED Talk, « Daniel Pauly : Le changement de niveau de référence de l’océan », avril 2010. Visible sur www.ted.com.

Autre(s) article(s) sur le même thème :

article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3


Gouverner, c’est prévoir

L’autre jour, dans un petit théâtre liégeois, un dragon ravageait les campagnes, attaquant les (...)

Lire la suite

Des études supérieures,
mais à quel prix ?

De plus en plus d’étudiants ont accès aux études supérieures, mais le coût de celles-ci ne cesse de (...)

Lire la suite

« Ensemble, on a un peu bousculé le CETA »

Je suis un lobbyiste, mais un gentil. Mon travail, pour faire simple, c’est de convaincre nos (...)

Lire la suite

Couvin : Assistance aux réfugiés ou business ?

Eté 2015. Confrontée à un afflux important de demandeurs d’asile venus de Syrie, la Belgique créait (...)

Lire la suite

La métamorphose : se changer profondément en restant soi-même

Dans un article précédent, nous avions abordé la métamorphose chez les saumons, passés d’une eau (...)

Lire la suite