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Société

Faire le plein d’attentions

Notre attention est une ressource précieuse. Nous n’en possédons qu’une quantité limitée, alors qu’elle est de plus en plus sollicitée et exploitée comme une marchandise. C’est un bien dont nous devons prendre soin, individuellement mais aussi collectivement.

Un samedi soir au restaurant. A la table voisine, un couple mange en silence : l’un comme l’autre est penché sur son smartphone. Il est 21 heures, votre téléphone vibre à son tour. Par réflexe, vous jetez un oeil. C’est un e-mail de votre supérieur, intitulé « Urgent »… Allez-vous répondre ? Au même moment, votre compagnon de table a le regard attiré par l’écran publicitaire qui défile dans la rue. Ce genre de scène, nous en avons tous ou presque été le témoin ou l’acteur. Le point Récit graphique : Mathieu « la Mine ». www.lesoiseux.blogspot.be commun entre ces situations  ? L’attention détournée de chaque protagoniste.
Dans la société de l’information qui est la nôtre, cette attention est devenue un bien de plus en plus convoité. Au travail, par différentes entreprises commerciales, au travers de votre dernier score sur Candy Crush ou Angry Birds…
C’est une ressource précieuse dont nous devrions prendre soin, car elle n’est pas infinie. « Or l’attention, c’est l’attention à soi et aux autres, rappelle Claire Lobet, sociologue, vice-rectrice de l’Université de Namur, membre du Centre de recherche information, droit et société (Crids). C’est une valeur centrale pour nous construire et faire société. Une valeur qui est de plus en plus fragilisée. » Certains experts plaident ainsi pour le développement d’une véritable « écologie de l’attention ».
En économie, classiquement, la valeur provient de deux facteurs de production : le capital et le travail. Une nouvelle économie, l’économie de l’attention, prend elle en compte la qualité de nos capacités de réception.
Dans un marché où l’offre est surabondante – celui des vidéos diffusées sur You- Tube, pour ne citer qu’un exemple –, c’est le fait que les consommateurs portent leur attention sur telle ou telle production qui lui donnera de la valeur.
Cela ne date pas de l’invention d’Internet : cette bataille pour l’attention est directement liée à l’industrialisation et au capitalisme. On pense naturellement à l’invention de la publicité, dont l’objectif est de nous distraire, de capter notre attention pour nous faire désirer le produit vanté.
Le numérique a étendu dans des proportions extraordinaires le champ de la lutte pour la captation de notre attention, à la fois dans le temps et dans l’espace. Et notre attention est à présent mesurée, évaluée, monétisée. Elle a un prix et alimente un vaste marché : ce sont les différents canaux par lesquels elle peut être quantifiée (Google, une chaîne de télé, Facebook…), qui en tirent profit en la vendant à d’autres.
Plus fort encore, comme le relève le philosophe américain Matthew B. Crawford1 en comparant le salon classe affaires d’un aéroport, sans bruit, sans publicité sur les murs, sans télévision, avec le reste de l’aérogare, « parce que nous avons permis à notre attention d’être transformée en marchandise, il nous faut désormais payer pour la retrouver ».
Dans le monde du travail également, le contrôle de notre attention est un enjeu, lié ici aussi au développement du système capitaliste. « Dans les usines, il faut discipliner les travailleurs à la chaîne qui ne peuvent surtout pas (...)

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