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Publié dans notre magazine n°119 - janvier & février 2017

Connais-toi toi-même

Vive l’échec !

Des élèves qui n’osent plus rien tant l’école sanctionne les ratages. Des entrepreneurs qui voient se fermer les portes des banques parce qu’ils ont déjà fait faillite… Notre société européenne n’aime pas l’échec. C’est pourtant grâce à lui que se sont forgés des caractères, que sont nées de grandes réussites. Rencontre avec un philosophe ardent défenseur de l’échec, Charles Pépin.

Dans son essai revigorant Les vertus de l’échec, le philosophe Charles Pépin recense les nombreuses valeurs que peut en réalité avoir l’échec. De Rafael Nadal à Steve Jobs en passant par J.K. Rowling, tous ont d’abord échoué avant de devenir les symboles de réussite que nous connaissons.
Charles Pépin dégage deux conceptions philosophiques de l’échec : devenant une occasion de rebondir, de se réinventer, il suit la logique du « devenir ». Lorsque, acte manqué, il nous révèle un désir ou nous questionne sur nos aspirations profondes, il suit celle de l’« être ». Le philosophe nous propose alors de dépasser cette opposition. « Essayer de se réinventer le plus possible, mais dans la fidélité à son désir. (…) C’est exactement le sens du “deviens ce que tu es” nietzschéen. “Deviens” : ne te laisse pas enfermer par tes échecs, fais-en des opportunités. “Ce que tu es” : mais sans trahir ce qui compte vraiment pour toi, le désir qui te rend singulier. »

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de réfléchir à cette question de l’échec avec les moyens de la philosophie ?
Précisément parce qu’il y avait un manque à combler ! Alors même que les rayons des librairies consacrés au développement personnel sont pleins de manuels sur « comment rebondir après l’échec », côté philosophie il n’y avait rien. La plupart des grands auteurs n’ont pas écrit sur ce sujet, du moins pas d’ouvrage entier. Il y a plusieurs très belles pages ici ou là, chez Sartre, Nietzsche et quelques autres, mais les philosophes du continent globalement s’intéressent moins à la vie réelle, à l’expérience, ils sont plus occupés par la raison et la métaphysique. Or, l’échec nous fait nous heurter à la réalité.
C’est vraiment une caractéristique des Européens continentaux  : chez les empiristes anglo-saxons par contre (David Hume, John Locke) ou les penseurs asiatiques bouddhistes ou taoïstes, cette question est beaucoup plus présente. Lao-tseu affirme que « l’échec est au fondement de la réussite »
.
Il y a une grande différence entre Européens et Etatsuniens sur la façon de percevoir l’échec. Chez nous, avoir échoué ou fait faillite est très mal vu, alors que dans la Silicon Valley, comme vous le mentionnez, on organise des failcon (de fail, échec, et con pour conférence) où entrepreneurs et sportifs viennent raconter ce qu’ils doivent à leurs ratages. Comment cela s’explique- t-il ? Notre fonds culturel est pourtant commun ?
Justement parce que les étatsuniens sont des Européens partis à l’aventure. Et que l’Amérique a été découverte par erreur par Christophe Colomb. Ils sont aussi majoritairement protestants, et la singularité individuelle est plus présente, plus valorisée dans le protestantisme que dans le catholicisme. Pour un entrepreneur anglo-saxon, avoir échoué est un gage de compétence, d’expérience, d’audace.
Ceci dit, si cette vision du monde est (...)

=> Lire l’intégralité de cet entretien dans notre magazine.

Photo : Sophie Steinberger

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