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Rencontre

Nabil Ben Yadir,
cinéaste : « tout est fait pour que le peuple s’endorme »

Après une comédie sociale (Les Barons) et un road movie antiraciste (La marche), le réalisateur belge Nabil Ben Yadir, 38 ans, explore les profondeurs noires du populisme avec un polar politique (Dode Hoek, Angle mort), tourné en Belgique et en flamand, et qui fait écho aux réalités du moment. Rencontre décontractée avec le ketje de Molenbeek, cinéaste autodidacte et percutant trentenaire à la vanne joyeuse.


Eyworks

Nabil déboule d’un pas tranquille dans ce coffee corner de la gare du Nord. Il a les traits tirés après une semaine de promo de son dernier film, Dode Hoek (« Angle mort ») sorti en Belgique le 25 janvier et bientôt en France. Un polar bien belge sur les pas de Jan Verbeek, commissaire à la brigade des stups, qui s’apprête à prendre les rênes du parti d’extrême droite VPV. Un film profondément noir et glaçant. Un pari cinématographique par ailleurs osé : « Un thriller politique et policier, tourné en flamand, entre Anvers et Charleroi, je n’ai sans doute pas choisi le tiroir le plus facile à ouvrir par les temps qui courent !, sourit Nabil, en sirotant son expresso sans sucre. La télé déborde de bêtises, les infos sont tellement anxiogènes, les gens ont besoin de danser, de faire des claquettes, d’aller voir La La land, et je les comprends ». A 38 ans, le cinéaste bruxellois n’est pas du genre à se débiner : même si la diffusion de son film démarre en douceur, il l’assume « à 100 % » : « Je voulais parler des nationalismes latents, de ces espèces de caïds désormais au pouvoir ou en passe d’y accéder. Les Donald Trump, Viktor Orban, Nigel Farage… Tous ces nouveaux héros, sans expérience, sortis de nulle part, qui s’engouffrent dans cette société où tout va trop vite, où l’on ne te demande plus de réfléchir. Ils déboulent, pensent pour toi, promettent de tout nettoyer. Finalement, le populisme, c’est quoi ? Une bande annonce sans le film qui va avec ! Derrière leurs beaux discours, il n’y a rien, du vide. Et comme on est aussi dans une société sans mémoire, ils peuvent débiter 99 % de conneries, le peuple en colère retiendra le 1 % de choses prétendument intéressantes, et ça suffira à convaincre. C’est hallucinant. »
Nabil s’interrompt, jette un œil sur son smartphone qui vibre et poursuit : « Même pour eux, ça va trop vite. Trump au pouvoir, il est dépassé par les événements. Rien n’était prévu, il fonce, à l’instinct, sans réfléchir. Et ça fait peur, extrêmement peur. Moi, quand je postule pour un job, le patron me dit d’être prêt, je dois assumer directement. Eux, c’est de l’impro totale, à la tête de l’Amérique ! On est où là ?! »
En musique de fond, il y a Yann Tiersen, puis un quatuor à cordes. Et quand Nabil se remet à parler de politique, simplement, sans prise de tête, son regard se fait tout à coup plus grave : « Arrêtons de nous voiler la face, si ces populistes existent, c’est aussi (...)

=> Lire l’intégralité de cette rencontre de 4 pages dans notre magazine.

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