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Agir


Imagine en transition

Tour du monde
de la Transition

Un peu partout sur la planète, des citoyens se rassemblent pour monter des projets leur offrant plus de convivialité et d’autonomie. Petite visite, de Séville à Kumamoto en passant par Zagreb ou Sao Paulo, de lieux où se prépare le monde de demain, sans pétrole mais plein de chaleur humaine.


D.R.

Espagne :
300 banques du temps, 100 monnaies locales

En Espagne, le mot « transition » est chargé de sens, lié dans l’imaginaire collectif à la période de démocratisation du pays qui a suivi la dictature de Franco (1936-1977).
« C’est aujourd’hui un challenge de lui donner une autre signification », explique Juan del Rio, coordinateur de Red de Transición et membre de Cardedeu en Transición [1].
Né en 2008 à l’initiative de Britanniques, le Réseau s’est nourri de la crise économique, particulièrement violente en Espagne, mais aussi des mouvements citoyens Indignados et 15-M. « Après ces mobilisations, décider comment avancer ensemble n’a pas été facile, sourit Juan. Ici, les gens adorent discuter longuement, au risque de se perdre dans les détails. Le mouvement international nous apprend à être davantage pragmatiques. De notre côté, nous pouvons peut-être lui apporter une certaine ouverture à l’inattendu. »
Vu le contexte social difficile, les questions économiques sont très importantes pour le mouvement de la Transition espagnol. « Les groupes locaux sont souvent des endroits d’espoir et de soutien mutuel », insiste Juan.
Ainsi, le pays compte plus de 300 banques du temps et plus d’une centaine de monnaies locales. Certaines sont directement liées à la Transition, d’autres pas.
A Séville par exemple, un marché réunit un millier de personnes chaque semaine. « On y utilise des Pumas, la monnaie locale d’échange couplée à une banque du temps, pour y acheter les denrées des producteurs locaux. Il y a aussi un grand bar où l’on peut manger et boire. »
Cette monnaie est donc utilisée pour acquérir des biens, mais aussi échanger des services – un kilo de pommes, un massage, une tarte artisanale, un coup de main en bricolage, etc. « Les producteurs peuvent aussi échanger les Pumas contre des euros si c’est nécessaire, cela permet de rendre le système attractif et pratique.  »
Autre exemple, à Cardedeu, en Catalogne : avec Esbioesfera, des citoyens ont créé un lieu mêlant un potager agroécologique, un restaurant (qui cuisine pour partie les récoltes du potager), et une école où l’on peut aussi bien apprendre la permaculture que la coiffure, le tricot que la plomberie ou l’électricité, la fabrication du fromage que la cuisine macrobiotique, le tout enseigné par des artisans locaux, avec un objectif : augmenter l’autonomie des personnes.
« S’y organisent aussi une fois par mois les goûters de la Transition. On apporte à manger et on invite quelqu’un à parler d’un sujet. C’est très simple, relax, et cela fonctionne très bien. L’idée s’est exportée dans d’autres villes, se transformant parfois en apéro. » « Le mouvement de la Transition a apporté de l’air frais en Espagne, conclut Juan. Les mouvements sociaux étaient jusqu’ici très fort dans la lutte contre la situation du moment. La Transition est parfois critiquée comme n’étant pas assez politique, mais je ne suis pas d’accord  : on peut agir autrement qu’avec des mots. Et puis je pense que les gens sont quelquefois fatigués de se battre "contre", ils ont besoin d’optimisme, et le mouvement de la Transition peut être une partie de la réponse. »
(...)

=> Lire l’intégralité de ce dossier dans notre magazine.

[1Dont la récolte des semences d’une saison à l’autre n’est pas conseillée, la seconde génération se dégradant.

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