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Prendre le temps


Grand entretien

Négar Djavadi :
« Pour s’intégrer, il faut d’abord se désintégrer »

Scénariste, réalisatrice et écrivaine française d’origine iranienne, Négar Djavadi est l’auteur du magnifique roman Désorientale paru chez Liana Levi. Un récit flamboyant et partiellement autobiographique qui nous parle avec puissance et justesse de l’Iran d’hier et d’aujourd’hui, de la militance, de la condition des femmes, de l’homosexualité, de l’exil forcé, de la mémoire et de l’identité. Rencontre avec une intellectuelle libre et passionnée, invitée d’honneur du Passa Porta Festival, qui se tient à Bruxelles du 24 au 26 mars.

Philippe Matsas/Opale/leemage/Editions Liana Levi

Comment est née l’envie d’écrire ce livre ?
Après l’Insas, j’ai fait du cinéma, du théâtre, mais j’ai toujours eu envie d’écrire. Autour de moi, on me disait : il faut que tu racontes ton histoire. J’ai un père qui a été un farouche opposant politique au régime du Shah, puis à celui de Khomeiny. C’était un intellectuel laïque et engagé. Comme Kimiâ, ma narratrice, j’ai été baignée dans un climat d’opposition, avec un père absent, accaparé par une révolution en marche. J’ai quitté l’Iran dans des conditions semblables, via les montagnes du Kurdistan avec ma mère.
Au final, ce livre, c’est un patchwork de beaucoup de choses vues et vécues, mais ce n’est pas ma propre histoire. Je ne voulais pas être dans le pathos. J’ai préféré aller vers le romanesque, en convoquant le passé et les ancêtres.

Kimiâ est forcée de s’exiler avec sa famille. Arrivée en France, elle dit « pour s’intégrer, il faut d’abord se désintégrer », se désunir, se désagréger. C’est fort comme image.
Oui, c’est tout à fait ça. Quand on est en exil et qu’on est dans l’incapacité de retourner dans son pays d’origine, il y a quelque chose de paradoxal qui se produit, en particulier chez les aînés. D’un côté, on tient absolument à garder sa langue, manger comme chez soi, conserver ses traditions, avec plein de souvenirs et de repères, pour garder son identité qui, de fait, est malmenée et se retrouve en conflit avec l’extérieur. Et pourtant, d’un autre côté, il faut s’ouvrir, sinon on n’y arrive pas.
Quelque chose se passe en soi, de l’ordre du déchirement, du conflit intérieur. C’est forcément douloureux. Si l’on veut survivre et construire un avenir, il faut s’oublier, abandonner toutes ces choses. On est tiré sans cesse en arrière et on doit aller de l’avant.

Pour échapper, comme elle dit, aux « djins du passé ».
Oui, et on est très seul pour effectuer ce travail intérieur. Entre exilés, on n’a pas les mêmes peurs, les mêmes désirs, les mêmes inquiétudes, les mêmes urgences. C’est une affaire très personnelle, un choix à opérer : jusqu’où éprouve-t-on le besoin de rester au milieu des siens, jusqu’où on décide-t-on de s’ouvrir. A côté de cela, il y a les différentes politiques dites « d’intégration  » en vigueur dans le pays d’accueil : le communautarisme anglo-saxon, le modèle français « nous sommes tous des Gaulois », le melting-pot belge…
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=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

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