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Economie

Total
ou le pouvoir
des multinationales

Créée en 1924 par l’Etat français pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques, Total est devenu au fil du temps l’une des multinationales les plus puissantes du monde. Dans son livre, De quoi Total est-elle la somme ?, le philosophe Alain Deneault explore en profondeur l’histoire de cet empire financier qui dicte ses lois aux Etats et incarne une nouvelle forme de pouvoir.


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1. D’où vient Total ?
Cette multinationale, qui figure parmi les cinq premiers fournisseurs d’énergie au monde, est la somme de trois sociétés spécialisées distinctes. La Compagnie française des pétroles (CFP), tout d’abord, créée en 1924 pour gérer les concessions reçues par la France au Moyen-Orient après le dépeçage de l’empire Ottoman. « C’était alors le Petit Poucet, sans expérience, ni équipement d’envergure, explique Alain Deneault. Elle s’était spécialisée dans l’organisation de cartels dans lesquels elle se contentait de jouer des rôles mineurs. Lorsqu’elle découvre, par exemple, du pétrole en Algérie, alors colonie française, elle n’exploite pas elle-même les gisements, mais s’associe à la Standard Oil, la compagnie de John Rockefeller, en lui laissant la part du lion. »
La CFP commercialisera finalement ses produits sous la marque Total, dont elle prendra le nom en 1991.
La seconde composante du groupe, la compagnie pétrolière Elf, fut créée en 1967 par le général de Gaulle qui voulait reprendre le contrôle du secteur stratégique des énergies.
Elf valorise alors les liens privilégiés que l’Hexagone entretient avec ses ex-colonies. « La France a découpé son ancien empire colonial en Etats indépendants selon une géographie qui épouse les zones pétrolières, poursuit l’auteur. L’Elysée a coopté les chefs d’Etat des quatre gros producteurs que sont le Gabon, le Congo Brazzaville, le Cameroun et le Tchad et utilise Elf pour mener en sous-main sa politique africaine. La compagnie se spécialisera dans le renseignement, le contrôle et la corruption. » Eclaboussé par plusieurs scandales d’Etat, Elf est absorbé par Total en 2000. Enfin, il y a la troisième composante du groupe, belge quant à elle : PétroFina (Compagnie financière belge des pétroles) absorbée en 1999, et alors détenue par le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), la holding des financiers Albert Frère (première fortune belge) et Paul Desmarais (première fortune du Québec et membre du top dix des fortunes canadiennes).
Les deux hommes vont mettre leur gigantesque agenda à la disposition de leur nouveau partenaire. « La fusion avec PétroFina va donner sa réelle dimension internationale à Total, analyse Alain Deneault. La famille Desmarais est en contact avec des fonds d’investissement, elle est proche du clan Bush et de ses réseaux. Total sera désormais capable de créer d’énormes (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

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