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Prendre le temps


LE PAYS PETIT
La chronique de Claude Semal, auteur-compositeur, comédien et écrivain

L’écologie française
malade de ses strapontins

Une maladie mortelle ravage l’écologie en France : la Placéïte spongiforme (du nom de Jean-Vincent Placé, précurseur). Toujours du côté du manche, c’est-à-dire du vainqueur, ses chefs semblent n’avoir plus qu’un seul programme : la lutte des places. Ma Twingo électrique pour un sous-secrétariat d’état.
Ses symptômes ? Une certaine confusion mentale (le malade confond sa gauche et sa droite). Et une nette dysphasie fonctionnelle (le malheureux répète « Europe ! » ou « Libéralisme ! » chaque fois qu’il croit dire « Ecologie ! »).
En phase terminale, la victime escalade frénétiquement n’importe quel attelage gouvernemental, pourvu d’un quelconque strapontin. Attention : après une période latente de hollandisme rampant, la maladie dégénère aujourd’hui rapidement en Macronite aiguë. Malgré l’absence d’un candidat « écolo » pur sucre, l’écologie était pourtant au cœur du programme de deux autres candidats à l’élection présidentielle.
C’est le second paradoxe français : l’écologie sans écologistes [1].
Sortie du nucléaire, transition énergétique, agriculture biologique, diminution des protéines carnées, démocratie participative, sixième république… : c’est le cœur même du programme de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Mais elle était presque aussi centrale dans le programme de Benoît Hamon, le vainqueur de la « primaire » du Parti socialiste, qui était d’ailleurs soutenu par Yannick Jadot, le vainqueur de la « primaire » des Verts.
Eh bien, que pensez-vous qu’il se passât ?
Dopés par les sondages, un quarteron de dirigeants Verts (François de Rugy, Daniel Cohn-Bendit, Barbara Pompili…) coururent soutenir, dès le premier tour, Emmanuel Macron… un libéral productiviste, sans un poil d’écologie dans son programme !
La terrible Placéïte spongiforme avait encore frappé.
Pour ces grands commis de l’écologie, qui ne voyagent plus qu’entre l’argenterie de la République et les tickets repas dorés de la Commission européenne, la reconduction de leurs avantages propres semble désormais primer sur toute autre considération.
Certes, Macron est européen. Mais pour construire quelle Europe ? Le bras armé de l’OTAN ?
L’européanisme, ce nationalisme continental, confond aujourd’hui l’universalisme des citoyens du monde avec l’impérialisme de l’Empire Romain.

« Nicolas Hulooooot ! »
Oh ! bien sûr, j’entends déjà les Macroniens hurler, entre deux « Brigiiiiite ! » : « Nicolas Hulooooot ! ».
C’est vrai, la nomination du télégénique apôtre du réchauffement climatique au gouvernement fut un coup de maître. La magie marconienne en pleine apesanteur. La grâce et la chance du débutant.
Mais, mes petits lapins, ce premier gouvernement Macron n’est pas là pour gouverner la France. Il est là pour gagner les élections.
Il n’est pas là pour faire de la politique, ce qui impliquerait faire des choix, mais pour faire de la com’, ce qui signifie brouiller les cartes.
Il est là pour donner une majorité au nouveau président, en cassant les vieux partis de gauche et de droite, et en neutralisant les écolos.
J’attends donc avec impatience de voir comment Nicolas Hulot, dont je respecte jusqu’ici les choix et les engagements, pourra appliquer le tiers du quart d’un programme « écolo » avec un Premier ministre lobbyiste de la filière nucléaire d’Areva, un Président libéral favorable au CETA et à tous les traités internationaux, un ministre des Affaires étrangères fan absolu de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et un ministre de l’Agriculture qui a voté contre l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles.
Pour tous ces combats difficiles, je lui souhaite bonne chance. Mais je n’en dirai pas autant aux opportunistes qui l’entourent, et qui seront toujours prêts à transformer l’écologie en pot de fleurs sur l’appui de la fenêtre – pour peu que cette fenêtre soit celle de leur bureau.

www.claudesemal.com

[1Le premier paradoxe français, c’est la miraculeuse longévité des habitants du Sud-Ouest, qui ne lubrifient pourtant leurs coronaires qu’au confit de canard, aux pommes sarladaises et à la prune maison.

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